Après de multiples retards, le procès pour corruption de Benyamin Netanyahu, reprend ce mardi matin dans un sous-sol fortifié du tribunal de Tel-Aviv. « Je parlerai » a-t-il assuré lors d’une conférence de presse lundi soir.
Le premier chef de gouvernement israélien en exercice à être jugé au pénal pour corruption, fraude et abus de confiance, Benyamin Netanyahu est attendu à la barre ce mardi pour répondre aux accusations et témoignages déjà portés contre lui. « Cela fait huit ans que j’attends ce jour, huit ans que je veux présenter la vérité, huit ans que j’attends pour démolir ces accusations absurdes et infondées portées contre moi » a assuré le premier ministre dénonçant « une chasse aux sorcières impitoyable » et des accusations montées selon lui de toutes pièces par ses ennemis politiques. « Je parlerai » devant le tribunal, « Je ne fuis pas ».
L’audience de ce mardi marque la reprise du procès, interrompu par la guerre, le chef de gouvernement et son camp ayant déposé plusieurs demandes de report de la procédure en invoquant les hostilités déclenchés par l’attaque du mouvement islamique palestinien Hamas le 7 octobre 2023 en Israël.
Toutes les requêtes pour repousser le témoignage de Netanyahu ont été rejetées. Il devra se présenter trois fois par semaine devant les juges dans une salle souterraine et fortifiée de Tel Aviv, compte tenu de la menace qu’il subira une attaque profitant de la date d’audience, comme l’a prévenu le service de renseignement intérieur Shin Bet auprès de l’administration judiciaire israélienne.
Dans la première affaire, M. Netanyahu et son épouse, Sara, sont accusés d’avoir accepté pour plus de 260.000 dollars de produits de luxe (cigares, bijoux, champagne) de la part de milliardaires, notamment du producteur hollywoodien d’origine israélienne Arnon Milchan et l’homme d’affaires australien James Packer, en échange de faveurs politiques.
Dans la deuxième, le Premier ministre est poursuivi pour avoir tenté de négocier une couverture plus favorable de la part d’Arnon Mozes, éditeur du quotidien Yedioth Aharonoth, premier quotidien national payant, en échange de la promesse d’une loi qui aurait entravé la circulation du journal gratuit Israel Hayom, titre le plus lu en Israël.
Dans le dernier dossier, M. Netanyahu est accusé d’avoir tenté de faciliter une fusion souhaitée par un ami proche, Shaul Elovitch, alors actionnaire majoritaire de Bezeq, le plus grand groupe de télécommunications du pays, en échange d’une couverture favorable de sa politique sur le site web d’information populaire Walla, également propriété de M. Elovitch.
La Rédaction

