L’Iran a choisi de suspendre l’application d’une loi controversée visant à renforcer les sanctions contre les femmes ne respectant pas l’obligation de porter le voile. Adopté par le parlement en septembre, ce texte prévoyait des mesures drastiques, telles que des amendes élevées, des peines de prison, ainsi que des sanctions ciblant les entreprises et les travailleurs étrangers liés à des femmes jugées en infraction.
Shahram Dabiri, vice-président chargé des affaires parlementaires, a annoncé que la loi ne serait pas soumise au gouvernement pour le moment. Cette décision, prise après des débats au sein des principales institutions du pays, illustre les divisions internes et la volonté des autorités d’éviter une nouvelle vague de protestations populaires.
Une loi perçue comme intrusive
Critiquée pour son caractère répressif, cette législation aurait permis l’utilisation de vidéosurveillance pour détecter les infractions et imposer des sanctions sévères. Parmi celles-ci figuraient la confiscation partielle des biens des contrevenants, la fermeture de leurs entreprises ou encore des restrictions de déplacement.
Un contexte marqué par les manifestations de 2022
Cette suspension intervient dans un climat social toujours tendu, un an après les manifestations de grande ampleur provoquées par la mort de Mahsa Amini, arrêtée pour un hijab jugé non conforme. Ces protestations, violemment réprimées, ont causé plus de 500 morts et conduit à l’arrestation de milliers de personnes.
En optant pour ce recul, les autorités iraniennes tentent d’apaiser une population profondément divisée sur la question du port du voile, symbole à la fois religieux et politique, et d’éviter de raviver les fractures sociales dans un pays encore marqué par les événements de 2022.
La Rédaction

