À Nyékonakpoè, les engins débarrassent la lagune du sable, des jacinthes d’eau et des déchets qui entravent son fonctionnement. L’opération doit améliorer l’écoulement des eaux et réduire la vulnérabilité aux inondations. Mais une fois le curage terminé, une autre bataille commence : empêcher que les mêmes ouvrages ne soient progressivement encombrés à nouveau.
Dans la commune du Golfe 1, les travaux conduits sous la supervision de l’Agence nationale d’assainissement et de salubrité publique (ANASAP) consistent à désengorger la lagune et à restaurer sa capacité de rétention. Le sable extrait doit être décanté puis valorisé dans l’aménagement d’espaces verts, tandis que les plastiques seront orientés vers le recyclage.
L’intervention répond à une nécessité technique. Un bassin encombré évacue moins efficacement les eaux pluviales et peut fragiliser l’ensemble du dispositif de drainage auquel il appartient.
Après les engins, le défi de l’entretien
La présence de déchets ménagers dans la lagune révèle toutefois une autre dimension du problème. Le curage peut rétablir temporairement les capacités d’un ouvrage ; il ne peut empêcher à lui seul son réencombrement.
C’est ici que la responsabilité des riverains et, plus largement, des usagers de la ville intervient. Jeter des déchets dans un caniveau, un collecteur ou aux abords d’une lagune ne constitue pas seulement un problème de salubrité. Ces rejets peuvent finir dans le réseau d’évacuation des eaux et contribuer à en réduire l’efficacité.
Le geste citoyen devient ainsi une composante de la prévention : utiliser les dispositifs de collecte, éviter les dépôts sauvages et préserver les ouvrages d’assainissement revient aussi à protéger son quartier contre une partie du risque.
Une responsabilité nécessairement partagée
Pour autant, les comportements individuels ne peuvent porter seuls la responsabilité des inondations. L’intensité des pluies, l’urbanisation, l’imperméabilisation des sols, la capacité du réseau de drainage et son entretien régulier entrent également dans l’équation.
Aux collectivités et services compétents reviennent donc l’entretien des infrastructures, l’organisation d’une collecte des déchets suffisamment accessible, la sensibilisation et l’application des règles. Aux citoyens revient la responsabilité de ne pas compromettre, par leurs pratiques, les investissements réalisés pour maintenir ces infrastructures fonctionnelles.
Le succès du curage de Nyékonakpoè ne se mesurera donc pas uniquement à ce qui est retiré aujourd’hui de la lagune. Il se mesurera aussi à ce qui n’y retournera pas demain. Entre infrastructures publiques et comportements individuels, la prévention des inondations reste une responsabilité partagée.
La Rédaction

