Attirer des capitaux ne suffit plus. Le Togo veut désormais que les investissements industriels profitent davantage à ses entreprises, à ses travailleurs et aux régions éloignées de Lomé. Une nouvelle réforme des zones économiques spéciales entend modifier les règles du jeu : les avantages accordés aux investisseurs devront s’accompagner de retombées plus concrètes pour l’économie nationale.
Pendant plusieurs décennies, la zone franche industrielle togolaise a principalement favorisé l’installation d’entreprises tournées vers l’exportation. Ce modèle a contribué à développer certaines activités manufacturières, mais sans créer partout les mêmes possibilités économiques.
La concentration des investissements dans le Grand Lomé et les relations encore limitées entre les entreprises franches et les fournisseurs nationaux ont progressivement révélé les insuffisances du dispositif.
La réforme engagée cherche précisément à corriger ce déséquilibre.
Une industrie qui entraîne d’autres entreprises
Le changement envisagé concerne la place des acteurs togolais dans les chaînes de production.
Une entreprise étrangère implantée dans une zone économique spéciale pourrait davantage contribuer à l’activité nationale en travaillant avec des fournisseurs locaux, en développant la sous-traitance et en formant des salariés qualifiés.
Cette orientation permettrait de dépasser une logique où l’investissement se mesure essentiellement au nombre d’usines installées ou aux volumes exportés.
L’objectif est aussi de favoriser la transformation des ressources nationales et de créer des emplois durables.
Sortir de la concentration autour de Lomé
Le futur régime prévoit plusieurs catégories de zones économiques spéciales, avec des incitations adaptées à leur implantation géographique.
Cette différenciation pourrait encourager l’installation d’activités industrielles dans d’autres régions, à proximité des bassins agricoles et des ressources à transformer.
Mais l’attractivité territoriale ne dépend pas uniquement des exonérations fiscales. L’accès à l’électricité, les infrastructures de transport, la disponibilité des compétences et la fiabilité des services restent essentiels aux décisions d’investissement.
Des avantages fiscaux contre des engagements
Autre évolution : les incitations accordées aux entreprises devraient être limitées dans le temps et soumises à des conditions.
Cette approche cherche à concilier compétitivité industrielle, protection des recettes publiques et équité avec les entreprises opérant hors des zones spéciales.
Le projet de loi instituant ce nouveau régime a été adopté par le gouvernement le 22 octobre 2026. Son entrée en vigueur reste subordonnée à la suite de la procédure législative.
La réforme ouvre ainsi une perspective : faire en sorte qu’une usine installée au Togo ne constitue pas seulement un investissement supplémentaire, mais devienne aussi un débouché pour les entreprises nationales, un lieu de formation et une source d’activité pour les territoires.
La Rédaction

