L’affaire des îles Chagos entre dans une nouvelle phase. La Haute Cour britannique a rejeté un recours visant à bloquer un accord entre le Royaume-Uni et l’île Maurice sur la souveraineté de l’archipel. Cette décision pourrait enfin ouvrir la voie au retour des exilés chagossiens, plus de cinquante ans après leur expulsion forcée.
Une histoire coloniale douloureuse
Situées au cœur de l’océan Indien, les îles Chagos sont administrées depuis les années 1960 par le Royaume-Uni sous l’appellation de British Indian Ocean Territory. À la fin des années 1960, les autorités britanniques ont vidé l’archipel de ses habitants – les Chagossiens – pour permettre l’installation d’une base militaire américaine sur l’île de Diego Garcia. Déportés vers l’île Maurice, les Seychelles et plus tard le Royaume-Uni, les exilés n’ont jamais été autorisés à rentrer chez eux.
La justice internationale donne raison à Maurice
L’île Maurice revendique la souveraineté des Chagos, affirmant que leur détachement avant son indépendance en 1968 était contraire au droit international. En 2019, un avis consultatif de la Cour internationale de justice (CIJ) a confirmé cette position, estimant que la poursuite de l’administration britannique était illégale. L’Assemblée générale de l’ONU a emboîté le pas, en votant massivement pour le retour des Chagos sous souveraineté mauricienne.
Mais Londres a refusé de céder, invoquant notamment la présence de la base militaire américaine comme justification de son maintien.
Le jugement qui débloque la situation
Le 21 mai 2025, un juge de la Haute Cour de Londres a débouté un groupe qui s’opposait à la conclusion d’un accord entre Londres et Port-Louis. Ce jugement élimine un obstacle juridique important et permet d’envisager la signature d’un accord bilatéral. Selon des sources proches du dossier, les négociations en cours porteraient sur un transfert progressif de souveraineté à Maurice, avec maintien de l’usage militaire de Diego Garcia par les États-Unis.
Le droit au retour des Chagossiens en question
Pour les Chagossiens, dispersés et oubliés, la priorité reste le droit au retour sur leurs terres. Nombre d’entre eux vivent encore dans la précarité, sans reconnaissance officielle ni réparations. Le gouvernement mauricien s’est engagé à permettre leur retour, s’il obtient la pleine souveraineté de l’archipel.
Ce possible accord représente bien plus qu’un règlement diplomatique : c’est la reconnaissance d’un exil forcé, d’une injustice coloniale encore vive, et peut-être enfin, d’un droit à la réparation pour les victimes.
La Rédaction

