Mohammed VI, roi du Maroc, opère un recentrage stratégique de son patrimoine familial en France, en mettant en vente plusieurs demeures héritées de sa mère, Lalla Latifa. Au-delà des montants exceptionnels, ces transactions racontent une histoire d’héritage, de prestige et de mémoire familiale, tout en révélant le goût architectural raffiné de la famille royale.
Des demeures emblématiques au cœur de l’histoire familiale
Parmi les biens proposés, le château de Betz, situé dans l’Oise à une soixantaine de kilomètres de Paris, reste l’un des plus fascinants. Niché dans une commune d’environ 1 000 habitants, il symbolise à la fois le lien discret de la monarchie marocaine avec la France et le caractère généreux mais exigeant de la famille royale. Les riverains aperçoivent parfois le drapeau marocain flotter au sommet du domaine ou les membres du personnel royal se mêler aux commerces locaux. Tradition oblige, la générosité légendaire de Lalla Latifa se manifestait par des distributions de couscous aux voisins, tandis que la sécurité se renforçait lors des séjours familiaux.

Le vaste parc de 70 hectares, classé au patrimoine national, reste inaccessible au public, mais reflète l’importance accordée par la famille à la préservation du patrimoine naturel et architectural.
Des biens parisiens au prestige incomparable
À Neuilly-sur-Seine, Mohammed VI met également sur le marché plusieurs propriétés héritées de Lalla Latifa. L’un des ensembles immobiliers, situé boulevard Maurice-Barrès, offre une surface habitable de 1 325 m², avec 569 m² de jardins, balcons panoramiques et vue sur la Fondation Louis-Vuitton et le bois de Boulogne. Doté d’un hammam, d’une piscine intérieure et d’une salle de sport, ce lieu conserve l’esprit décoratif voulu par la défunte princesse : mosaïques marocaines, arabesques de bois et marbres somptueux.
Une autre demeure, rue Windsor, est également en vente pour environ 7,5 millions d’euros. Plus modeste mais tout aussi raffinée, elle compte une dizaine de pièces et un jardin arboré de 500 m². Ces biens ne sont pas seulement des propriétés de luxe, mais des traces vivantes de l’histoire et du goût artistique de Lalla Latifa, témoins de sa passion pour la France et son attachement à l’architecture marocaine.

Une vente qui dépasse le marché immobilier
Si les montants peuvent surprendre, la démarche de Mohammed VI ne se limite pas à une opération financière. Il s’agit d’une réorganisation patrimoniale et culturelle, qui reflète la volonté de la monarchie de préserver un héritage familial et artistique, tout en recentrant ses actifs. Des biens au Maroc, à Rabat ou Bouznika, pourraient également être cédés, marquant un tournant significatif dans la gestion du patrimoine transmis par Lalla Latifa.
Cette vente permet de mettre en lumière le rôle symbolique de l’immobilier royal en France, non seulement comme marque de prestige, mais aussi comme véritable mémoire vivante de la famille, alliant histoire, culture et architecture.
La Rédaction

