La coalition « Vivre ensemble », formée par les gangs rivaux G9 et G-Pèp, n’est plus seulement un acteur criminel : elle est autonome, organisée et politiquement influente, selon le dernier rapport de l’International Crisis Group. Ces gangs contrôlent des territoires stratégiques, diversifient leurs revenus et imposent leur poids face aux élites et à l’État haïtien.
Rivaux devenus partenaires
Autrefois ennemis, le G9 et le G-Pèp coopèrent maintenant au sein d’une alliance solide. Les rivalités locales persistent, mais la coordination sociale et culturelle — carnavals, fêtes, collaborations artistiques — consolide leur cohésion et attire de nouveaux groupes, étendant leur influence au-delà de Port-au-Prince.

Une force armée redoutable
La coalition compte 12 000 à 20 000 membres, dont 3 000 à 4 000 très armés, avec des unités d’élite capables de prendre le contrôle de zones stratégiques comme la côte des Arcadins ou Kenscoff. Leur puissance pourrait paralyser la capitale, mais ils privilégient aujourd’hui la négociation et l’influence politique plutôt que la confrontation directe.
Une économie criminelle diversifiée
Extorsions, péages sur routes, kidnappings terrestres et maritimes, vols de marchandises et trafic de drogue : les gangs génèrent des revenus considérables et s’affranchissent des élites politiques et économiques. Chaque chef conserve son autonomie, certains leaders imposant des règles pour faciliter la négociation et préserver leur image publique.

Influence politique stratégique
La coalition ne cherche pas à prendre le pouvoir par la force, mais à s’infiltrer dans l’administration, obtenir des garanties d’amnistie et sécuriser ses intérêts. Début 2024, elle a paralysé Port-au-Prince pendant trois mois et forcé la démission du Premier ministre. Avec le changement d’administration prévu en février 2026, la coalition pourrait placer des alliés politiques prêts à négocier selon ses conditions.
La coalition « Vivre ensemble » est une criminalité organisée à l’échelle stratégique. Contrôle territorial, revenus diversifiés et influence politique directe font de ces gangs un acteur incontournable qui complique sérieusement le rétablissement de la sécurité et de l’État de droit en Haïti.
La Rédaction

