Après plus de trois ans de mise à l’écart institutionnelle, la Guinée pourrait bientôt tourner une page décisive de son histoire récente. La Commission de l’Union africaine (CUA) a officiellement enclenché un processus visant à lever les sanctions imposées au pays depuis le coup d’État militaire de septembre 2021, estimant que les conditions politiques ont évolué de manière significative.
Cette inflexion intervient dans la foulée de l’élection présidentielle remportée par Mamady Doumbouya, désormais confirmé dans ses fonctions par la Cour suprême. Selon les résultats définitifs, le chef de l’État a obtenu 86,72 % des suffrages exprimés, un score qui consacre son ancrage institutionnel après une transition longue et scrutée.
Un signal politique fort de la Commission de l’UA
Lundi, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahamoud Ali Youssouf, a adressé ses félicitations au président élu, saluant un scrutin organisé dans un climat apaisé. Dans sa déclaration, il a mis en avant la participation disciplinée des électeurs et l’appropriation du processus électoral par la population guinéenne, éléments jugés déterminants dans l’appréciation de la situation politique du pays.
La CUA a également souligné le rôle joué par l’ensemble des acteurs impliqués : institutions électorales, formations politiques, coalitions, société civile, autorités gouvernementales et partenaires internationaux. Tous auraient contribué, selon l’Union africaine, au respect du cadre juridique national et des standards électoraux reconnus.
Des sanctions héritées du putsch de 2021
La Guinée restait jusque-là sous le coup de sanctions continentales en raison du renversement du président Alpha Condé, le 5 septembre 2021. Ces mesures, adoptées dans un contexte de rupture de l’ordre constitutionnel, avaient conduit à une marginalisation politique du pays sur la scène africaine.
Pour la Commission de l’UA, l’élection présidentielle marque désormais une étape charnière. Elle estime que la dynamique actuelle ouvre la possibilité d’un retour progressif à la normalité institutionnelle, condition essentielle à la levée des sanctions.
Vers un retour encadré à l’ordre constitutionnel
Au-delà du symbole diplomatique, la levée des sanctions est présentée comme un levier stratégique. Mahamoud Ali Youssouf considère qu’elle permettrait de créer un environnement propice à la mise en œuvre d’une feuille de route nationale axée sur la reconstruction de l’État, la relance économique et l’amélioration des conditions de vie des populations.
La Commission réaffirme par ailleurs son engagement à accompagner la Guinée dans la consolidation de la démocratie, le renforcement de l’État de droit et la préservation de la paix civile. Elle appelle l’ensemble des institutions africaines, ainsi que les partenaires internationaux, à s’aligner sur cette nouvelle approche.
Une séquence décisive pour Conakry
Si la décision finale appartient encore aux instances compétentes de l’Union africaine, l’appel lancé par la Commission marque un tournant politique majeur. Pour Conakry, l’enjeu dépasse la seule réintégration diplomatique : il s’agit de restaurer la confiance, tant à l’intérieur du pays qu’auprès de ses partenaires régionaux et internationaux, après des années de transition sous haute tension.
La Rédaction

