Face à la junte militaire, la CEDEAO intensifie ses efforts pour garantir la reprise du processus électoral et la stabilité politique.
Une délégation des chefs d’état-major de la CEDEAO est arrivée à Bissau le 19 décembre 2025, dans le cadre de discussions avec le Haut commandement militaire bissau‑guinéen, suite au coup d’État du 26 novembre 2025 qui a renversé le président Umaro Sissoco Embaló et suspendu les élections présidentielles et législatives prévues le 23 novembre.
La mission de la CEDEAO vise à obtenir la coopération de la junte pour plusieurs points cruciaux : la libération des dirigeants politiques détenus, le retour à l’ordre constitutionnel et la reprise ou validation du processus électoral.
Depuis le coup d’État, la CEDEAO a adopté une position ferme : suspension de la Guinée‑Bissau de toutes ses instances décisionnelles, condamnation du renversement présidentiel et menace de sanctions ciblées en cas de non‑respect du calendrier constitutionnel. Les chefs d’état-major régionaux cherchent ainsi à renforcer la pression sur la junte, tout en maintenant un cadre de dialogue sécurisé afin d’éviter toute escalade.
Les enjeux sont doubles : assurer un retour rapide à la stabilité institutionnelle et préserver la sécurité régionale, dans un contexte où la CEDEAO entend démontrer sa capacité à prévenir les dérives militaires dans ses États membres. En cas de refus de coopération, l’organisation pourrait intensifier les mesures coercitives, y compris des sanctions économiques ciblées et l’isolement diplomatique de la junte.
Cette mission militaire et diplomatique illustre la stratégie régionale de la CEDEAO : préserver l’ordre constitutionnel tout en limitant les risques d’affrontements internes, et garantir que le peuple bissau‑guinéen puisse enfin voir ses élections reconnues et validées.
La Rédaction

