La procédure judiciaire internationale autour de la guerre à Gaza continue de prendre de l’ampleur. Le Paraguay a officiellement annoncé son intention d’intervenir dans l’affaire opposant l’Afrique du Sud à Israël devant la Cour internationale de Justice (CIJ), la plus haute juridiction des Nations unies chargée de trancher les différends entre États.
Dans un communiqué publié le 4 mars 2026 depuis La Haye, la Cour indique que le Paraguay a déposé, la veille, une déclaration d’intervention dans cette affaire particulièrement sensible qui porte sur l’application de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948.
Une procédure engagée par l’Afrique du Sud
L’affaire a été initiée par l’Afrique du Sud, qui accuse Israël de violer la convention internationale sur le génocide dans le cadre de ses opérations militaires dans la bande de Gaza. Pretoria soutient que certaines actions pourraient entrer dans la définition juridique du génocide telle qu’elle est fixée par le droit international.
Israël rejette fermement ces accusations et affirme agir dans le cadre de son droit à la légitime défense face au Hamas après l’attaque du 7 octobre 2023.
Depuis l’ouverture de la procédure, l’affaire est devenue l’un des dossiers juridiques internationaux les plus suivis de ces dernières années, car elle touche à l’interprétation d’un traité fondamental du droit international humanitaire.
Pourquoi le Paraguay intervient
Le Paraguay n’est pas partie au litige entre l’Afrique du Sud et Israël. Toutefois, il a décidé d’exercer un droit prévu par l’article 63 du Statut de la Cour internationale de Justice.
Cet article autorise tout État signataire d’une convention internationale à intervenir dans une affaire lorsque l’interprétation de cette convention est en jeu.
Or, le Paraguay est lui-même partie à la Convention sur le génocide adoptée le 9 décembre 1948. En déposant sa déclaration, le pays souhaite participer au débat juridique sur la manière dont certains articles de ce traité doivent être interprétés.
Les articles au cœur du débat
Dans sa déclaration, le Paraguay indique que plusieurs dispositions de la convention sont concernées par la procédure. Il s’agit notamment des articles I, II, III, IV et V.
Une attention particulière est accordée à l’article II, qui définit juridiquement ce qu’est un génocide. Ce texte précise notamment que certains actes, commis avec l’intention de détruire tout ou partie d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux, peuvent être qualifiés de génocide.
L’interprétation de cette définition est au cœur de la procédure engagée par l’Afrique du Sud.
Une décision qui pourrait faire jurisprudence
L’intervention du Paraguay ne signifie pas que le pays prend position sur le fond du litige. Elle lui permet en revanche de présenter son analyse juridique sur la convention.
Conformément au Statut de la Cour, toute interprétation du traité adoptée dans l’arrêt final sera également juridiquement contraignante pour les États qui ont exercé ce droit d’intervention.
Autrement dit, la décision finale de la Cour pourrait influencer durablement la manière dont la Convention sur le génocide est appliquée et interprétée dans le droit international.
La procédure se poursuit à La Haye
Avant de décider si l’intervention du Paraguay sera pleinement acceptée dans la procédure, la Cour a invité les deux parties principales — l’Afrique du Sud et Israël — à soumettre des observations écritessur cette demande.
Cette nouvelle étape confirme que l’affaire dépasse désormais le cadre d’un simple différend entre deux États. Elle est devenue un dossier majeur du droit international contemporain, susceptible d’avoir des répercussions bien au-delà du conflit à Gaza.
La Rédaction

