Du 2 au 20 novembre 2026, les treize communes du Grand Lomé seront concernées par une opération coordonnée de désencombrement des voies publiques. L’initiative vise à rétablir une circulation plus fluide et à mettre fin aux occupations irrégulières des espaces routiers. Mais elle soulève également une question sensible : comment restaurer l’ordre urbain sans fragiliser les activités économiques qui se sont développées aux abords des rues ?
Dans une capitale où les espaces publics sont soumis à une pression croissante, les trottoirs et les abords des chaussées deviennent parfois des prolongements de commerces, des lieux de stationnement ou des espaces d’installation improvisés. Cette occupation réduit les possibilités de déplacement et complique le partage de la voirie entre piétons, automobilistes et autres usagers.
L’opération annoncée à l’issue de la quatrième réunion du Cadre de concertation du District autonome du Grand Lomé (CC-DAGL) concernera les voies bitumées et pavées de l’ensemble des treize communes.
Une intervention à l’échelle de toute l’agglomération
La démarche se distingue par son caractère coordonné. Plutôt que des actions isolées d’une municipalité à l’autre, les autorités entendent organiser une intervention commune sur les installations jugées anarchiques et les occupations irrégulières du domaine public.
Cette coordination pourrait limiter les disparités entre communes, notamment lorsque des voies traversent plusieurs territoires administratifs.
Le calendrier est désormais fixé : les interventions se dérouleront pendant dix-neuf jours, du 2 au 20 novembre.
Les modalités pratiques, les éventuels délais accordés aux occupants et les dispositifs d’accompagnement des personnes concernées n’ont toutefois pas été détaillés dans l’annonce.
Entre circulation et économie de proximité
La libération des emprises routières répond à des enjeux de sécurité, d’accessibilité et d’organisation urbaine. Des trottoirs dégagés permettent notamment aux piétons de circuler sans être contraints d’emprunter la chaussée.
Mais certaines occupations concernent aussi de petites activités commerciales dont dépendent des revenus familiaux. La réussite de l’opération nécessitera donc une information préalable claire, des règles appliquées de manière cohérente et une attention aux conséquences sociales des déplacements d’activités.
Sans suivi après les interventions, les espaces libérés pourraient également être réoccupés.
Une coordination appelée à dépasser le désencombrement
La réunion du CC-DAGL a également porté sur les relations entre maires et chefs de canton ainsi que sur les difficultés d’approvisionnement en électricité dans les communes.
Créé en mai 2025, ce cadre rassemble les autorités préfectorales, municipales et coutumières afin d’améliorer la concertation dans la gestion de l’agglomération.
L’opération de novembre constituera ainsi un test concret de cette coopération. Au-delà du retrait des installations irrégulières, sa portée dépendra de la capacité des collectivités à préserver durablement des espaces publics accessibles, sûrs et fonctionnels.
La Rédaction

