Après plusieurs campagnes de désencombrement, les autorités du Grand Lomé durcissent les conditions de libération du domaine public. Les occupants irréguliers disposent désormais jusqu’au 20 novembre pour retirer volontairement leurs installations. Passé ce délai, les interventions seront effectuées à leurs frais. Derrière cette mise en demeure se dessine un enjeu plus profond : mettre fin à la réoccupation répétée des espaces publics et instaurer une gestion durable de la voirie urbaine.
Une responsabilité financière désormais mise en avant
Le Comité ad hoc chargé de la lutte contre l’occupation anarchique du domaine public a précisé les conditions de la nouvelle opération engagée dans l’agglomération.
Les installations commerciales non autorisées, les conteneurs, les véhicules abandonnés et les dépôts de matériaux sur les emprises publiques sont notamment concernés. Les occupants doivent procéder eux-mêmes à leur retrait avant l’échéance fixée.
Au-delà du 20 novembre, les services compétents pourront intervenir avec les autorités communales pour dégager les espaces encore occupés irrégulièrement. Les frais correspondants seront imputés aux contrevenants, conformément à la réglementation.
Cette disposition donne une portée financière à une opération dont l’efficacité dépendra aussi de la capacité des autorités à faire respecter les règles.
Le précédent des opérations sans lendemain
Le Grand Lomé connaît depuis plusieurs années des interventions destinées à rétablir la circulation sur les trottoirs et les abords des routes. Pourtant, les occupations se sont reconstituées après les dégagements de février 2023.
Le problème dépasse les seuls étalages commerciaux. L’encombrement des emprises compromet la sécurité des piétons, gêne les secours et favorise l’obstruction des caniveaux, aggravant les risques d’inondation.
La nouvelle campagne concerne également les parkings, les jardins publics et les espaces verts, dont l’utilisation doit rester conforme à leur vocation collective.
Organiser durablement l’espace urbain
La coordination entre les treize communes du District autonome du Grand-Lomé constitue un élément essentiel de cette démarche. Une intervention limitée à certains quartiers pourrait simplement déplacer les installations irrégulières vers d’autres secteurs.
Au-delà des enlèvements, la question reste celle de l’organisation des activités économiques de proximité et du contrôle régulier des espaces libérés.
La véritable réussite de cette opération ne se mesurera donc pas au nombre d’installations retirées, mais à la capacité des collectivités à préserver durablement la sécurité, l’accessibilité et la fonction publique des voies urbaines.
La Rédaction

