Depuis la prise de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu en République Démocratique du Congo (RDC), les estimations du nombre de victimes continuent de diviser les acteurs humanitaires et les organismes internationaux. Plus d’un mois après les combats, le chiffre avancé par l’ONU, qui fait état de près de 3 000 morts, reste largement contesté.
Les combats violents ont opposé les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, à l’armée congolaise et à des milices locales. En moins de deux jours, Goma a été prise d’assaut, laissant derrière elle des rues jonchées de corps. Cependant, la situation reste floue concernant le nombre exact de victimes.
Initialement, le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, avait annoncé que plus de 2 000 personnes avaient perdu la vie pendant l’offensive. Quelques jours plus tard, l’OCHA, l’agence de coordination des affaires humanitaires de l’ONU, a revu ce chiffre à 2 900, un total rapidement repris par des diplomates et des médias internationaux.
Cependant, sur le terrain, les travailleurs humanitaires expriment des doutes. Selon plusieurs sources anonymes, les données recueillies ne correspondent pas aux chiffres officiels. En effet, bien qu’une équipe de la Croix-Rouge ait été envoyée pour récupérer les corps, les estimations avancées par l’OCHA semblent largement exagérées par rapport à ce qui a été réellement observé.
De son côté, l’Alliance Fleuve Congo, un groupe politique proche du M23, a affirmé que la majorité des victimes étaient des soldats congolais et des miliciens pro-gouvernementaux, mais sans fournir de preuves concrètes pour étayer ses déclarations.
Face à ces divergences, plusieurs responsables humanitaires ont pointé du doigt une possible manipulation des chiffres, notamment en raison des intérêts politiques du gouvernement congolais, qui pourrait vouloir accentuer la responsabilité du Rwanda dans cette crise.
Le 9 mars, le ministère de la Santé a annoncé un nouveau bilan, évoquant désormais plus de 8 500 morts, un chiffre qui continue d’évoluer sans qu’une vérification indépendante n’ait pu être réalisée. De même, le porte-parole du M23 a récemment fait état de 9 500 victimes, bien que cette estimation reste aussi non vérifiable.
Les experts s’accordent sur un point : le bilan réel pourrait être bien plus élevé, mais l’incertitude persistante sur les chiffres et les sources utilisées empêche d’obtenir une image précise de la tragédie qui a frappé Goma.
La Rédaction

