Après Lomé, le vrai travail commence
Quatre jours après la mission de haut niveau conduite par la CEDEAO à Lomé, les projecteurs se tournent désormais vers l’opérationnalisation d’un ambitieux mécanisme régional destiné à renforcer la résilience agricole face aux chocs climatiques. Si la visite officielle du 12 juin a été largement saluée pour son caractère stratégique, les attentes, elles, restent considérables.
Ce que la CEDEAO est venue poser au Togo
La commissaire Massandjé Touré-Litse, chargée de l’Agriculture, de l’Environnement et des Ressources en eau au sein de la CEDEAO, a dévoilé à Lomé les contours d’un fonds régional de 250 millions de dollars sur dix ans, cofinancé par le Fonds international de développement agricole (FIDA). Ce mécanisme vise à structurer les politiques de gestion des risques agricoles à travers l’Afrique de l’Ouest, en ciblant les pertes de récoltes, la sécheresse, l’accès aux intrants et aux assurances.
Le Togo a été choisi pour piloter plusieurs volets stratégiques, notamment en matière de coordination et de modélisation des risques.
Pourquoi cette annonce prend aujourd’hui tout son sens
Depuis le début du mois de juin, plusieurs régions du nord Togo font face à un début de saison pluvieuse anormalement irrégulier, avec des effets déjà visibles sur la pousse du maïs et du soja. Les agriculteurs, qui composent près de 70 % de la population active togolaise, sont en alerte : en cas de prolongation du retard pluviométrique, c’est toute la sécurité alimentaire nationale qui serait menacée.
C’est précisément pour ce type de scénario que le programme annoncé à Lomé entre en jeu. Et c’est pourquoi la question de sa mise en œuvre rapide devient une urgence.
Le Togo, laboratoire régional ?
Ce n’est pas la première fois que Lomé sert de plateforme à une initiative sous-régionale de cette envergure. Mais cette fois, les marges d’erreur sont minces. La pression climatique, les prix des intrants, les endettements agricoles et les tensions socio-économiques convergent pour faire du risque agricole une question politique majeure.
Si le Togo parvient à appliquer avec succès les premiers outils du programme CEDEAO-FIDA, il pourrait devenir un modèle reproductible dans l’espace ouest-africain — non pas par la taille de son secteur agricole, mais par sa capacité à articuler gouvernance, données et réponses concrètes.
La Rédaction

