L’opération militaire israélienne baptisée « Chariots de Gédéon II » entre dans une nouvelle phase. Mercredi, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a approuvé les plans de l’armée pour l’occupation de Gaza-Ville, le principal centre urbain de l’enclave palestinienne, et donné l’ordre de rappeler 60.000 réservistes.
Une opération appelée à durer jusqu’en 2026
Selon la presse israélienne, l’opération pourrait s’étendre sur deux ans, mobilisant à terme environ 130.000 réservistes. La durée de service des soldats déjà sur le terrain sera prolongée d’un mois. Objectif affiché : démanteler les dernières brigades du Hamas retranchées à Gaza-Ville et obtenir la libération des 49 otages israéliens, dont l’armée affirme que 27 sont déjà morts.
Le plan prévoit le déplacement forcé d’habitants vers le sud de la bande de Gaza, avant l’entrée de cinq divisions de l’armée dans la ville. Des frappes et incursions préliminaires sont déjà en cours, notamment à Zeïtoun et Sabra, où les combats se sont intensifiés ces dernières heures.
Bilan humain en hausse
La Défense civile de Gaza rapporte 21 morts palestiniens en une seule journée, dans un territoire déjà exsangue après des mois de siège. Depuis le 7 octobre 2023, date de l’attaque du Hamas qui a déclenché la guerre, 62.064 Palestiniens ont été tués selon les autorités de santé locales, chiffres jugés crédibles par l’ONU. Côté israélien, l’attaque initiale avait causé la mort de 1.219 personnes, majoritairement des civils. Depuis, 462 soldats israéliens sont tombés dans la bande de Gaza.
Les familles d’otages en alerte
Le Forum des familles d’otages a exigé une réunion urgente avec Israël Katz et le chef d’état-major. Les proches demandent des garanties pour éviter un scénario similaire à celui de Rafah, où six otages avaient trouvé la mort lors d’une précédente opération.
Washington temporise
Alors que les médiateurs égyptiens, qataris et américains ont proposé une trêve de 60 jours assortie d’échanges d’otages, Israël n’a pas encore officiellement répondu. Le gouvernement de Benjamin Netanyahu maintient sa ligne : pas de fin de guerre sans libération de tous les otages.
De leur côté, les États-Unis privilégient pour l’instant une approche humanitaire, sans s’opposer frontalement au plan militaire israélien.
Une question politique intérieure
La mobilisation des réservistes relance un débat sensible en Israël. Les ultra-orthodoxes, toujours exemptés de service, refusent catégoriquement de rejoindre l’effort de guerre, une position de plus en plus contestée par la société israélienne.
La Rédaction

