Benjamin Netanyahou a relancé, début août 2025, l’idée d’une conquête militaire intégrale de la bande de Gaza. Malgré des réserves au sein de l’armée, le Premier ministre israélien semble déterminé à imposer ce plan, annoncé lors d’une réunion du cabinet sécuritaire.
Une volonté affirmée d’occuper Gaza jusqu’au dernier mètre
Le 4 août 2025, lors d’une réunion stratégique à huis clos, Benjamin Netanyahou aurait affirmé son objectif : placer l’intégralité de la bande de Gaza sous contrôle israélien. Cette déclaration, rapportée par la chaîne i24NEWS, marque un tournant dans la stratégie israélienne, déjà très offensive depuis le début du conflit avec le Hamas en octobre 2023.
Selon les médias locaux, cette orientation confirme le plan approuvé en mai dernier par le gouvernement : une occupation militaire durable, avec pour objectif d’éradiquer toute présence du Hamas dans la région.
Une opposition militaire de plus en plus audible
Mais le projet divise. Selon plusieurs sources proches de l’état-major israélien, des hauts gradés expriment ouvertement leurs doutes. Le principal point de tension : les conséquences pour les otages israéliens encore retenus à Gaza, et le risque d’un enlisement militaire. La chaîne Cadena SERrévèle même que certains officiers ont tenté d’alerter discrètement des diplomates étrangers.
Le gouvernement, de son côté, rappelle que les ordres sont exécutoires et qu’aucune alternative crédible n’est envisagée à ce stade. Un climat de tension s’installe entre l’exécutif et les forces armées, habituellement alignées en période de guerre.
Les inquiétudes internationales s’intensifient
Cette escalade militaire planifiée intervient alors que la situation humanitaire à Gaza reste catastrophique. Près de 70 % de la population est déplacée, les hôpitaux sont à l’arrêt, et les convois humanitaires sont régulièrement bloqués.
Plusieurs capitales, dont Paris et Berlin, ont exprimé leurs préoccupations diplomatiques quant aux conséquences d’une occupation prolongée : instabilité régionale, radicalisation accrue, effondrement du processus de paix. Les États-Unis, partenaire historique d’Israël, n’ont pas encore commenté officiellement cette nouvelle orientation.
Une stratégie risquée et isolée
Avec ce projet d’occupation totale, Netanyahou semble jouer une carte politique et militaire à haut risque. Internement contesté, diplomatiquement isolé, il s’appuie sur une opinion publique israélienne en partie favorable à une solution de force, mais épuisée par un conflit sans issue visible.
L’absence de perspectives politiques pour Gaza, combinée à une stratégie strictement sécuritaire, soulève une interrogation cruciale : Israël peut-il réellement contrôler Gaza sans en payer un prix politique et humain démesuré ?
La déclaration de Netanyahou ne laisse aucun doute : l’État hébreu envisage sérieusement de reconquérir toute la bande de Gaza. Mais face aux critiques internes, aux alertes internationales et à la réalité du terrain, cette ambition pourrait se heurter à des limites bien plus complexes que prévu.
La Rédaction

