Le Parlement ougandais a autorisé le déploiement de soldats dans la bande de Gaza au sein de la future Force internationale de stabilisation. Kampala devient ainsi l’un des premiers pays africains à s’engager officiellement dans le dispositif soutenu par l’administration Trump, alors même que le mandat exact de cette force, son calendrier et son articulation avec le désarmement du Hamas restent encore sensibles.
L’Ouganda a franchi une étape politique importante en approuvant l’envoi de troupes à Gaza. La motion adoptée jeudi 6 août par le Parlement autorise les Forces de défense populaires de l’Ouganda à participer à une mission internationale de stabilisation envisagée dans le cadre du plan américain pour l’après-guerre. Le ministre de la Défense a indiqué que Donald Trump avait sollicité directement le président Yoweri Museveni en juillet afin d’obtenir la participation ougandaise.
Cette décision constitue la première confirmation publique de l’implication de Kampala dans un dispositif encore en construction. D’autres pays, parmi lesquels le Maroc, le Kosovo, l’Albanie et le Kazakhstan, ont déjà manifesté leur disponibilité ou engagé des préparatifs.
Kampala mise sur son expérience militaire extérieure
L’Ouganda dispose d’une longue expérience des déploiements régionaux, notamment en Somalie, au Soudan du Sud et en République démocratique du Congo. Le pouvoir présente donc sa participation à Gaza comme une extension de cette diplomatie militaire.
Au Parlement, certains responsables ont vanté la capacité des forces ougandaises à intervenir dans des environnements instables. Mais l’opposition a immédiatement soulevé des interrogations sur la sécurité des soldats et sur le rôle qu’ils auraient réellement à jouer dans un territoire où les frappes israéliennes n’ont pas totalement cessé.
La future force devrait notamment contribuer à sécuriser des zones non contrôlées par l’armée israélienne, soutenir l’accès humanitaire et accompagner la mise en place de structures de sécurité locales. Son déploiement reste toutefois conditionné aux avancées du processus de désarmement et au retrait progressif des forces israéliennes.
Une mission politiquement sensible
L’engagement ougandais intervient dans un contexte diplomatique délicat. Le chef de l’armée, Muhoozi Kainerugaba, fils du président Museveni, a affiché à plusieurs reprises son soutien à Israël. Cette proximité nourrit déjà les interrogations de certains élus sur la perception du contingent ougandais par les Palestiniens et par les partenaires musulmans de Kampala.
La mission reste par ailleurs entourée d’incertitudes juridiques et opérationnelles. Le gouvernement ougandais a indiqué qu’un accord sur le statut des forces devrait encore être négocié après l’autorisation parlementaire. Aucun calendrier précis de déploiement n’a été annoncé.
Israël a récemment approuvé le principe de l’entrée de la Force internationale de stabilisation dans certaines zones de Gaza, mais la mise en œuvre globale du plan reste incomplète. L’administration civile transitoire envisagée pour le territoire n’a pas encore pleinement pris ses fonctions et plusieurs étapes du désarmement restent contestées.
Un pari diplomatique pour Museveni
En rejoignant cette initiative, Yoweri Museveni cherche aussi à renforcer le statut international de l’Ouganda comme fournisseur de sécurité. Mais l’opération à Gaza sera autrement plus exposée politiquement que les missions africaines auxquelles Kampala est habitué.
Le véritable enjeu sera donc moins l’autorisation votée par le Parlement que la définition finale de la mission. Entre maintien de la paix, sécurisation humanitaire et accompagnement d’un processus de désarmement, la frontière entre stabilisation et implication directe dans le conflit reste encore étroite.
La Rédaction

