Le paysage des jeux de hasard au Togo entre dans une nouvelle ère fiscale. Depuis le 1er janvier 2026, tout parieur décrochant un gain égal ou supérieur à 500 000 FCFA à la Loterie Nationale Togolaise (LONATO) voit désormais son gain soumis à une retenue automatique de 5 %, directement collectée par l’Office togolais des recettes (OTR).
Cette réforme, appliquée au moment du versement, fait que, par exemple, un jackpot de 500 000 FCFA se réduit automatiquement à 475 000 FCFA pour le bénéficiaire. La mesure, longtemps envisagée et discutée au Parlement depuis 2024, s’inscrit dans la stratégie du gouvernement pour élargir l’assiette fiscale tout en consolidant les recettes publiques.
Une tendance régionale en marche
Le Togo ne fait pas figure d’exception en Afrique de l’Ouest. Plusieurs pays adoptent des mécanismes similaires pour taxer les gains issus des jeux régulés. Au Sénégal, depuis novembre 2025, une retenue de 20 % s’applique automatiquement aux jackpots sur les réseaux physiques et numériques. En Côte d’Ivoire, depuis 2018, tout gain supérieur à 1 million de FCFA est frappé d’un prélèvement de 7,5 %. Le Burkina Faso, pour sa part, a standardisé en 2025 une taxation de 5 %, alignée sur le modèle togolais.
Cette convergence illustre une volonté régionale d’intégrer les jeux de hasard dans le système fiscal classique, tout en renforçant la formalisation d’un secteur longtemps marginalisé.
LONATO et OTR : un partenariat pour la régulation
L’alignement opérationnel entre LONATO et l’OTR constitue un atout majeur pour la réussite de ce dispositif. La loterie, acteur central du marché togolais des jeux, facilite la collecte directe des taxes, évitant toute complexité administrative pour le parieur. Ce partenariat public-privé permet au gouvernement de sécuriser de nouvelles sources de revenus tout en maintenant la transparence dans la redistribution des gains.
Si l’objectif est clair – renforcer les recettes publiques et sécuriser le secteur des jeux –, le défi reste de taille : assurer un contrôle efficace, tout en stimulant la formalisation et la régulation des acteurs privés et informels du marché. Le Togo se positionne ainsi à la pointe d’une tendance régionale où fiscalité et divertissement se rencontrent, tout en cherchant l’équilibre entre taxation et attractivité des jeux.
La Rédaction

