À quelques semaines de l’élection présidentielle du 12 avril, le général Brice Oligui Nguema affiche une confiance inébranlable. « Un général qui a fait un coup de libération ne peut pas avoir peur », déclare-t-il, balayant toute idée d’un défi sérieux de la part de ses adversaires politiques. Plus qu’une simple phrase, c’est une démonstration de force, un avertissement à peine voilé à ceux qui contestent son pouvoir.
Une déclaration qui en dit long
Depuis son coup d’État du 30 août 2023, Oligui Nguema s’efforce de légitimer son régime en se positionnant comme l’homme du renouveau. Mais en revendiquant son statut de militaire ayant pris le pouvoir par la force, il envoie un message clair : il ne compte pas reculer. L’éviction de plusieurs figures de l’opposition du scrutin du 12 avril renforce cette impression d’un jeu politique verrouillé.
En affirmant qu’il ne craint ni Ondo Ossa, ni Maganga Moussavou, ni Jean-Rémy Yama, le général ne parle pas seulement de la compétition électorale. Il fixe les règles d’un rapport de force où sa légitimité ne repose pas uniquement sur le suffrage populaire, mais aussi sur la réalité du pouvoir qu’il détient.
Une justice sous pression
Dans ce contexte, la promesse d’un procès « équitable » pour Sylvia Bongo et son fils Noureddin prend une autre dimension. Le général assure que la justice détient des preuves de leur implication dans la gestion du pouvoir sous Ali Bongo. Mais peut-on espérer une indépendance totale de la justice alors que l’autorité du chef de la transition reste incontestée ?
Si le procès est perçu comme une simple mise en scène destinée à renforcer son pouvoir, cela pourrait fragiliser son image. À l’inverse, une procédure réellement transparente et équilibrée pourrait asseoir sa légitimité au-delà du cercle des soutiens militaires.
Un scrutin sous contrôle
À mesure que l’échéance du 12 avril approche, une question se pose : cette élection marquera-t-elle une véritable transition démocratique ou sera-t-elle un couronnement sous une nouvelle forme ? Oligui Nguema affirme vouloir être porté par le peuple, et non par un parti ou un clan. Mais en assumant pleinement le poids de son coup d’État, il rappelle que, dans ce Gabon en mutation, le pouvoir appartient avant tout à celui qui sait l’exercer.
La Rédaction

