Les habitants de Libreville en ont assez des coupures d’électricité fréquentes, qui plongent la ville dans l’obscurité à un rythme inquiétant. Mais cette fois, les autorités gabonaises pointent du doigt un responsable inattendu : le sabotage. Selon le gouvernement de transition, les récentes perturbations seraient en grande partie dues à un acte criminel visant à perturber la stabilité du pays.
Le 11 février, le porte-parole du gouvernement, le colonel Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, a dénoncé un sabotage survenu dans la nuit du 8 au 9 février à la centrale thermique d’Alénakiri, située au sud de Libreville. Des câbles d’alimentation ont été sectionnés, provoquant une réduction de 40 MW dans la production d’électricité et affectant gravement l’approvisionnement du Grand Libreville. Les autorités affirment que cet acte visait à ternir l’image du gouvernement, déjà sous pression face à la colère croissante de la population à cause des coupures d’électricité répétées.
Le gouvernement n’a pas tardé à réagir, qualifiant ce sabotage de « stratégie orchestrée par des ennemis du changement » dans le but de semer la panique et de nuire à la transition en cours. « Une enquête a été ouverte pour identifier les responsables et les traduire en justice », a déclaré le porte-parole, précisant que toute tentative de déstabilisation serait sévèrement punie.
Mais sur le terrain, la frustration des Gabonais est palpable. Sur les réseaux sociaux, les plaintes sur les coupures d’électricité se multiplient. « Qui peut m’expliquer pourquoi on a encore des coupures ? », s’interroge une internaute sur X. Plus tôt, début février, l’influenceur Novelas Overmax avait diffusé une vidéo montrant une panne d’électricité dans les urgences de l’hôpital. Après son arrestation, il a été libéré sous caution, mais cet incident a alimenté encore davantage la colère populaire.
Le mécontentement s’est intensifié après l’interdiction d’une manifestation prévue le 8 février pour dénoncer les défaillances de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG). Cette société, placée sous administration provisoire depuis fin août, avait annoncé en septembre dernier une « crise énergétique sans précédent » et la mise en place d’un programme de délestage pour éviter un effondrement total du réseau.
Au Gabon, la lumière semble loin d’être revenue, tant sur le plan énergétique que politique.
La Rédaction

