Gabon : une croissance prometteuse sous le regard attentif du FMI
Le Gabon affiche des signes encourageants de reprise économique, avec des projections de croissance proches de 10 % dès 2026. Pourtant, le Fonds monétaire international (FMI) adopte une position prudente et retarde tout soutien financier majeur.
Des réformes structurantes déjà engagées
Le gouvernement gabonais a mis en œuvre plusieurs mesures importantes pour renforcer la gouvernance et l’efficacité économique. La centralisation des finances publiques via le Compte Unique du Trésor permet un meilleur contrôle des ressources de l’État. La création d’une centrale d’achat vise à limiter la hausse des prix et à protéger le pouvoir d’achat des Gabonais. La réforme des entreprises publiques cherche à améliorer leur gestion et leur transparence, tandis que l’élargissement de l’assiette fiscale doit permettre d’augmenter les recettes de l’État. Ces initiatives traduisent une volonté claire de transformation structurelle, mais elles n’ont pas encore suffi à convaincre le FMI.
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Les points de vigilance du FMI
L’endettement croissant du Gabon est l’un des principaux facteurs de prudence. Le pays a récemment contracté un prêt de 138,7 millions d’euros auprès de la Banque mondiale, ce qui alerte les partenaires financiers. Parallèlement, les dépenses publiques prévues pour 2026 dépassent 3 569 milliards de FCFA, un niveau jugé élevé par les investisseurs et qui soulève des inquiétudes quant à la soutenabilité de la croissance.
Sans le soutien explicite du FMI, le risque perçu par les investisseurs privés reste important. Dans une économie mondialisée, le silence du Fonds est souvent interprété comme un signal de vigilance. Le Gabon devra donc démontrer que ses réformes peuvent transformer la croissance annoncée en une dynamique durable et crédible aux yeux des partenaires internationaux.
La Rédaction

