Les drones kamikazes prennent une place stratégique dans les opérations militaires, comme l’a souligné Sébastien Lecornu, ministre des Armées. Malgré un retard accumulé dans ce domaine, la France intensifie ses efforts. Le 16 octobre, Lecornu a confirmé que les premiers exemplaires de drones kamikazes français seraient expédiés en urgence vers l’Ukraine, avec une première série de 100 unités.
Sur la plateforme X, le ministre a partagé les images des essais réussis de ces nouvelles munitions téléopérées, également connues sous le nom de drones kamikazes. Il a précisé que ces appareils sont un atout essentiel pour la souveraineté militaire française et que leur déploiement est prévu aussi bien pour les troupes françaises que pour celles de l’Ukraine dans les semaines à venir. Cette livraison intervient dans le cadre d’une commande plus vaste de 2 000 unités, initiée en février, dont la France espérait voir les premières livraisons réalisées durant l’été.
Lecornu avait souligné lors d’une visite à l’usine de drones Delair, située à Labège près de Toulouse, que ces munitions sont “indispensables à la conduite des opérations”, constituant un complément à l’artillerie de type canon Caesar. En Ukraine, ces drones doivent contribuer à pallier la pénurie d’obus, en offrant à Kiev une capacité d’attaque supplémentaire grâce à ces appareils équipés d’explosifs, souvent utilisés en réponse aux technologies de brouillage et de guerre électronique déployées par les forces russes.
Tirer Profit de l’Expérience en Ukraine
Le retour d’expérience que fournira l’utilisation de ces drones sur le terrain en Ukraine pourrait également permettre à la France de renforcer ses propres capacités de protection contre les interférences technologiques. En effet, les armées ukrainiennes ont démontré l’importance de ces technologies dans les conflits récents, inspirant à Paris un investissement conséquent pour rattraper son retard dans ce domaine stratégique. Après l’observation de l’utilisation des drones lors de la guerre en Ukraine et dans le Haut-Karabakh, la France avait même commandé en urgence des drones Switchblade américains.
Ce projet, baptisé Colibri, vise le développement de drones capables de couvrir un rayon de cinq kilomètres pour un coût de production inférieur à 20 000 euros. Pour cela, deux consortiums ont été sélectionnés : d’un côté Delair et Nexter, de l’autre Novadem et MBDA, mais la compétition reste ouverte à d’autres acteurs.
Une Capacité de Production Accrue
Les premiers drones destinés à l’Ukraine proviennent de la collaboration entre Delair et Nexter. Les 1 900 unités restantes seront partagées entre les besoins français et ukrainiens, bien que la répartition exacte n’ait pas encore été précisée. Ces appareils doivent tous être livrés d’ici 2025. Parmi les modèles livrés, le drone UX-11, qui pèse 1,4 kg et peut parcourir 25 kilomètres avec une autonomie d’1h20, a été choisi pour sa résistance au brouillage, un atout précieux dans les conflits modernes.
Delair, qui a déjà envoyé à Kiev une centaine de drones UX-11 de reconnaissance ainsi que 50 drones DT-26, s’apprête à en fournir 150 autres. Ces équipements ont été sélectionnés par l’Ukraine pour leur capacité à mieux résister aux interférences ennemies. Grâce aux retours de terrain des forces ukrainiennes, Delair a apporté une quinzaine d’améliorations à ses drones, augmentant ainsi leur efficacité.
La montée en cadence de la production a permis à Delair de passer d’une fabrication de quatre à douze drones DT-26 et DT-46 par mois, avec une cinquantaine de drones produits chaque mois. Cette croissance se reflète dans les performances économiques de l’entreprise, qui a doublé son chiffre d’affaires pour atteindre plus de 20 millions d’euros cette année, contre un peu plus de 10 millions l’an dernier.
La Rédaction

