Le gouvernement de François Bayrou est tombé ce lundi 8 septembre 2025, après avoir perdu un vote de confiance à l’Assemblée nationale. Avec 364 voix contre et 194 pour, il devient le premier Premier ministre de la Ve République renversé par ce mécanisme. Une chute qualifiée d’historique, survenue moins d’un an après la démission contrainte de son prédécesseur Michel Barnier.
Pourquoi cette chute est historique
Sous la Ve République, les gouvernements ont déjà été renversés, mais toujours par des mécanismes classiques : une motion de censure ou un rejet du budget. Jamais un Premier ministre n’avait perdu la confiance de l’Assemblée après l’avoir lui-même sollicitée.
En convoquant ce vote avant l’examen du budget 2026, François Bayrou espérait renforcer sa légitimité. Le résultat a été inverse : un désaveu net qui inscrit son nom dans l’histoire institutionnelle du pays.
Le précédent Barnier : une autre chute, un autre mécanisme
En décembre 2024, Michel Barnier, alors Premier ministre, avait dû quitter Matignon après l’échec d’un vote budgétaire crucial. Ce revers traduisait déjà la fragilité de l’exécutif face à une Assemblée nationale éclatée et sans majorité stable.
La chute de Bayrou, survenue seulement quelques mois plus tard, illustre la continuité de cette instabilité et la difficulté pour Emmanuel Macron de trouver un chef de gouvernement capable de tenir durablement.
Une double crise politique
En moins d’un an, deux Premiers ministres successifs ont été contraints de démissionner :
• Michel Barnier, renversé par un vote budgétaire en décembre 2024.
• François Bayrou, renversé par un vote de confiance en septembre 2025.
La différence de procédure explique pourquoi la chute de Bayrou est considérée comme historique : c’est un précédent inédit sous la Ve République, qui met en lumière la fragilité extrême du second quinquennat Macron.
Et maintenant ?
François Bayrou doit présenter sa démission au président de la République. Emmanuel Macron se retrouve face à un dilemme :
• nommer rapidement un nouveau Premier ministre,
• ou envisager la dissolution de l’Assemblée nationale, une option risquée dans le climat actuel.
Alors que le mouvement « Bloquons tout » appelle à des mobilisations sociales dès le 10 septembre, et que l’opposition réclame de nouvelles élections législatives, l’avenir politique immédiat du pays reste incertain.
La Rédaction

