Face aux nouvelles normes de Bruxelles, 36 500 producteurs appelés à monter en gamme
Le marché européen du biologique est devenu plus exigeant. Depuis l’entrée en application du nouveau règlement communautaire sur la production bio en janvier 2022, les standards ont été renforcés, notamment en matière de traçabilité, de contrôle interne et de responsabilité des organisations de producteurs. Pour les filières africaines exportatrices, l’enjeu n’est plus seulement de produire, mais de démontrer la conformité à chaque étape de la chaîne de valeur.
Au Togo, cette évolution réglementaire pousse les autorités et leurs partenaires techniques à accompagner les coopératives agricoles dans une transformation structurelle. C’est dans cette perspective que le programme Cap-Bio Togo, soutenu par l’Union européenne et la coopération allemande, entame une nouvelle étape de mise en œuvre.
L’initiative concerne environ 36 500 exploitants actifs dans les chaînes de valeur de l’ananas, de la mangue et du soja. L’objectif n’est pas uniquement technique : il s’agit de renforcer la gouvernance interne des coopératives, d’améliorer leurs mécanismes de contrôle qualité, de structurer la gestion administrative et d’intégrer des outils numériques capables d’assurer une traçabilité conforme aux standards européens.
La réforme européenne introduit en effet une responsabilité accrue des organisations collectives dans la gestion de leur certification biologique. Les coopératives doivent désormais piloter elles-mêmes leurs dispositifs internes de contrôle, ce qui suppose une montée en compétences en matière documentaire, financière et organisationnelle.
Au-delà d’une simple mise à niveau réglementaire, ce programme représente un repositionnement stratégique. En sécurisant l’accès au marché européen, les filières concernées consolident leur compétitivité internationale et ouvrent des perspectives de valeur ajoutée durable.
Dans un contexte où la demande mondiale en produits biologiques progresse mais devient plus sélective, le bio s’impose pour le Togo comme un levier d’intégration commerciale et de transformation agricole.
La Rédaction

