Le rapport “Women Business and Law 2024” publié par la Banque mondiale en mars dernier classe le Togo en 1ère place en Afrique sur 53 pays et la 19ème au niveau mondial sur 190 pays avec un score global de 97,5 sur 100. Dans une interview accordée exclusivement à Ekinamag.com, la Ministre Secrétaire Générale du gouvernement togolais Sandra Ablamba Johnson a livré les secrets de cette performance qu’elle met avant tout au crédit du leadership du Président de la République togolaise Faure Gnassingbe.
Le Rapport “Women, Business and Law” se base sur une série d’études annuelles mesurant l’environnement favorable aux opportunités économiques des femmes dans 190 économies dont 34 africaines. A la question de savoir comment le Togo en est arrivé à la tête de ce classement la Ministre secrétaire Général du gouvernement s’est longuement étalée sur : une << série de mesures et de réformes juridiques ainsi que la mise en œuvre efficace des politiques de soutien aux populations vulnérables en général et aux femmes en particulier>>
Une politique d’équité genre depuis 2012
Le discours du Président de la République devant le corps diplomatique dès décembre 2012 a annoncé les couleurs de ce qui deviendra une politique prioritaire pour le Président. Du discours du Président à l’acte Sandra Johnson évoquera : << le code électoral togolais, dans sa nouvelle version, consacre une fois encore la parité homme-femme sur les listes électorales et réduit de moitié le montant de la caution aux élections pour les candidats de sexe féminin. A titre d’exemple concret, la précédente mandature de l’Assemblée nationale togolaise était présidée par une femme faisant ainsi du Togo le premier et seul pays à avoir eu une femme à la tête de l’Assemblée nationale en Afrique de l’Ouest. C’est également le cas de plusieurs postes de responsabilité à savoir le poste de Chef du gouvernement, du Secrétaire Général de la Présidence de la République… qui sont occupés par des femmes, bref aujourd’hui, un peu plus d’un tiers des membres du gouvernement sont des femmes>>
Le renforcement du cadre juridique avec l’adoption de plusieurs lois, décrets et arrêtés.
A chaque fois la volonté politique est évoquée par la Ministre pour justifier les mesures prises à chaque niveau. Et à titre d’exemple elle parle entre autres de : <<la modification de la loi portant Code des personnes et de la famille qui reconnait la femme comme chef de ménage, la possibilité offerte aux femmes de disposer des comptes bancaires, la loi portant Code foncier et domanial qui garantit l’accès à la propriété foncière aux femmes au même titre que les hommes ; la loi portant nouveau Code Pénal qui intègre la répression des discriminations et des violences à l’égard des femmes et des filles. Les dernières réformes ayant contribué aux résultats de ce jour sont celles adoptées en 2022, à savoir : la modification de la loi portant Code de sécurité sociale et la modification de la loi portant Code du travail, le paiement de 50% du salaire pendant les congés de maternité, pour ne citer que celles-là. Elles représentent une avancée significative pour garantir la sécurité financière des femmes en période de maternité.>> Toutes ces différentes lois ont favorisé ce qu’elle qualifie de <<les droits sociaux de la femme, son positionnement familial et ses droits matrimoniaux sont considérablement renforcés>>.
Incrimination des actes d’atteinte à l’intimité, l’attouchement et le harcèlement sexuel, la pédophilie et le viol en milieu éducatif
Dans les sphères d’éducation comme centres d’apprentissage et de formation professionnelle, la
Politique d’incrimination ne s’est pas seulement limitée à la répression des fautifs mais elle <<garantit également un accompagnement pour les victimes d’actes de violence à caractère sexuel.>> assure la Ministre. La cerise sur le gâteau dans ce secteur c’est le rappel de la secrétaire du Gouvernement de : << la prise le 24 février 2024, par le Ministre de la Fonction Publique, de l’arrêté portant protection des travailleurs victimes de discrimination, de harcèlement sexuel ou moral et de violence ou intimidation sur le lieu de travail>>
La politique de participation citoyenne des femmes
En alliant femme et développement cette politique a permis de revoir en hausse la représentativité des femmes dans les sphères décisionnelles. Sandra Johnson dira à cet effet que cette politique << a eu pour corollaire, l’évolution substantielle de la représentativité des femmes dans les instances décisionnelles qui passe de 23% en 2019 à 35% en 2021 >>
Facilité d’accès au financement pour booster l’entrepreneuriat féminin
Dans l’esprit d’une inclusion financière des mesures ont été prises pour briser les barrières légaux et réglementaires à l’emploi des femmes. Ce qui a énormément favorisé l’entrepreneuriat des femmes. Le FNFI viendra renforcer ces acquis en question. La Ministre n’a pas manqué d’en parler en disant : << Par ailleurs, plusieurs mesures relatives à l’inclusion sociale et financière ont été prises par le gouvernement. Il s’agit du Fonds national de la finance inclusive (FNFI) qui octroie des crédits aux femmes pour leur autonomisation sans oublier l’initiative présidentielle de réservation du quota de 25% de marchés publics aux femmes entrepreneures qui porte déjà ses fruits>>
Une protection sociale des femmes
Au regard des mesures précédentes, sans une protection sociale des femmes, ces multiples réformes auront sans doute un goût d’inachevé et à cet effet elle n’a pas manqué de rappeler le programme <<Wezou, une initiative nationale d’accompagnement de la femme enceinte et du nouveau-né.>>
Ces cinq grands points finiront par déboucher sur des distinctions honorifiques à l’endroit de Faure Gnassingbe bien avant même le dernier rapport de mars de la Banque Mondiale. La Ministre Secrétaire Général du gouvernement a tenu à les rappeler en ces termes : <<de plus, le Chef de l’Etat togolais, Son Excellence Monsieur Faure EssozimnaGnassingbé a reçu en 2021, une distinction honorifique du Mouvement mondial HeForShe de l’ONU Femmes. Elle lui a été décernée en reconnaissance de son engagement pour la promotion de la femme et de l’équité et l’égalité genre. Cette distinction est réservée aux Hommes d’Etat engagés pour la cause de la femme dans leur pays et dans le monde. La nomination des femmes à des postes de responsabilité et plusieurs autres initiatives, justifient le choix porté sur le Président togolais.>>
Rappelons que dans cette interview plusieurs autres questions ont été posées à la Ministre toujours dans le sens de la politique de promotion de la femme. Nous pouvons citer entre autres :
Envisagez-vous d’autres programmes en vue de renforcer ces acquis ? Si oui parlez-nous en de quelques-uns.
Sur les 10 indicateurs pris en compte relatifs à la vie professionnelle des femmes, le Togo est cité seulement dans 4.
Y a-t-il des réalités qui ne favorisent pas encore des progrès dans les autres domaines tels que la rémunération, le travail, la retraite pour ne citer que ceux-là ?
Le rapport souligne également un fossé entre les lois et l’application sur le terrain. Avez-vous fait le même constat ? Si oui, des mesures pour y remédier ?
Que pensez-vous de la situation de la femme togolaise en général de nos jours ?
Avez-vous un message particulier à l’endroit de nos lecteurs ?
Voici en sommes l’ossature de cette interview réalisée par IDA BADJO dont l’intégralité se trouve dans le lien ci-dessous.
La Rédaction
https://ekinamag.com/2024/07/23/interview-exclusive-de-sandra-ablamba-johnson/ : Équité genre : Sandra Johnson explique comment les femmes togolaises sont chouchouttées par Faure Gnassingbe
