À Lomé, une conférence nationale pose les bases d’une université agricole plus connectée au terrain
Le Togo accélère la mutation de son enseignement supérieur agricole. Réunis à Lomé lors d’une conférence nationale dédiée au projet BASIS, responsables universitaires, partenaires techniques, acteurs du monde agricole et étudiants ont engagé une réflexion stratégique sur l’avenir de la formation dans ce secteur clé.
Porté financièrement par l’Union européenne et coordonné par l’Université de Kara, le programme BASIS ambitionne d’adapter les cursus agricoles aux exigences concrètes du marché. L’enjeu dépasse la simple réforme académique : il s’agit d’aligner la formation sur les réalités productives, afin de renforcer l’employabilité des diplômés et soutenir la transformation structurelle de l’économie togolaise.
De la théorie aux exploitations agricoles
Au cœur du projet figure une orientation claire : intégrer davantage de pratique dans les parcours universitaires. Stages en milieu agricole, immersion dans les exploitations, collaboration avec les acteurs agro-industriels — la pédagogie évolue vers une approche appliquée.
Cette dynamique vise à combler un déficit souvent observé dans l’enseignement supérieur en Afrique subsaharienne : le décalage entre savoir académique et compétences opérationnelles. En renforçant l’exposition des étudiants aux conditions réelles de production, le programme entend former une génération de professionnels immédiatement mobilisables.
L’agriculture comme moteur économique
Lors de l’ouverture des travaux, le ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr. Gado Tchangbedji, a replacé l’initiative dans la feuille de route gouvernementale mise en œuvre depuis 2020. Celle-ci repose notamment sur la création d’emplois et la modernisation des secteurs stratégiques.
Dans cette perspective, l’agriculture n’est pas seulement un secteur traditionnel ; elle constitue un levier de croissance, d’insertion professionnelle et de souveraineté alimentaire. Le projet BASIS apparaît ainsi comme un instrument de consolidation du capital humain, considéré comme un socle essentiel du développement national.
Des recommandations attendues pour consolider les acquis
La conférence nationale ne s’est pas limitée à un échange institutionnel. Elle a également permis d’évaluer les premiers résultats du programme et de formuler des recommandations destinées à pérenniser et élargir son impact.
À travers cette initiative, le Togo cherche à construire un modèle de formation agricole plus performant, plus professionnalisant et mieux intégré au tissu productif. Une orientation qui pourrait, à terme, renforcer la compétitivité du secteur et favoriser l’émergence d’une agriculture modernisée.
La Rédaction

