À un mois des élections législatives, la scène politique égyptienne connaît une recomposition majeure, marquée par la naissance de trois grandes coalitions cherchant à peser dans un scrutin où la logique d’alliance domine plus que jamais.
Trois blocs pour structurer la course électorale
La Liste nationale pour l’Égypte, conduite par le parti Avenir de la Nation et le parti Wafd, se positionne comme le principal pôle électoral. Bénéficiant d’un solide ancrage local et d’une expérience accumulée lors des dernières sénatoriales, cette coalition entend préserver sa majorité parlementaire. Ses responsables la présentent comme « un front d’unité nationale face aux défis du moment », souligne Sayed Abdel-Aal, président du parti Tagammoe.
Face à cette force dominante, l’Entente nationale des partis égyptiens, initiée par le Parti démocrate Al-Guil, réunit des formations civiles et sociales telles qu’Ennahda, Réforme et Développement et Tahia Masr. Son chef, Nagui Al-Shehabi, défend « une alternative ouverte et inclusive » destinée à redonner voix aux partis longtemps marginalisés.
En parallèle, le Mouvement démocratique civil, qui rassemble des personnalités indépendantes et des partis non alignés, prépare plusieurs candidatures individuelles. Ce courant espère séduire un électorat en quête de renouvellement, malgré des conditions de compétition jugées inégales.
Un pluralisme sous contrôle
Selon Ayman Abdel-Wahab, directeur du Centre d’études politiques d’Al-Ahram, cette configuration illustre un « pluralisme encadré », où la stabilité institutionnelle prime sur la confrontation politique. Le système électoral mixte — combinant listes fermées et scrutin uninominal — favorise la concentration des forces, au détriment des indépendants, tout en limitant l’influence de l’opposition.
L’Autorité nationale des élections a fixé le dépôt des candidatures du 8 au 15 octobre. Le scrutin se tiendra en deux phases :
• les 10 et 11 novembre dans 14 gouvernorats,
• puis les 24 et 25 novembre dans les 13 autres.
Les résultats définitifs seront annoncés à la mi-décembre, après d’éventuels seconds tours prévus début et mi-décembre.
Continuité et verrou institutionnel
La Chambre des représentants compte 596 membres, dont 284 élus au scrutin de liste fermée, 284 au scrutin uninominal et 28 nommés par le président. Ce système complexe tend à consolider les grands blocs politiques tout en préservant un équilibre entre continuité institutionnelle et ouverture contrôlée du champ partisan.
La Rédaction

