Face à l’érosion continue de ses stocks de poissons, Lomé renforce le cadre réglementaire de la pêche artisanale et accélère sa transition vers l’aquaculture afin de réduire une dépendance structurelle aux importations.
La filière halieutique togolaise se trouve à un point de tension critique. Entre la pression croissante de la demande intérieure et la baisse des captures, les ressources marines ne couvrent plus qu’une part limitée des besoins nationaux. Dans ce contexte, les pouvoirs publics durcissent les mesures de préservation des écosystèmes aquatiques tout en engageant une restructuration progressive du secteur.
Sur le littoral, le ministère en charge de la Pêche intensifie les campagnes de sensibilisation auprès des acteurs du secteur. L’objectif est de garantir le respect strict des périodes de repos biologique et d’interdire l’usage de filets à petites mailles, jugés particulièrement destructeurs pour le renouvellement des stocks.
Une demande nationale largement supérieure à l’offre locale
L’équation économique du secteur reste déséquilibrée. Les besoins annuels du Togo sont estimés à près de 100 000 tonnes de poissons, alors que la production nationale ne couvre qu’environ 30 à 40 % de cette demande. En 2025, la production s’est établie à 36 251 tonnes, confirmant l’ampleur du déficit structurel.
Ce déséquilibre entraîne une forte dépendance aux importations et pèse sur la balance commerciale, tout en exposant le pays aux fluctuations des marchés internationaux des produits halieutiques.
L’aquaculture comme levier de rééquilibrage
Pour répondre à cette contrainte, les autorités misent désormais sur le développement de l’aquaculture comme alternative stratégique à la pêche de capture. Cette orientation vise à sécuriser une partie de l’approvisionnement en protéines animales tout en réduisant la pression exercée sur les ressources naturelles.
La stratégie nationale s’appuie également sur le renforcement de la recherche halieutique, l’amélioration de la structuration de la chaîne de valeur et la modernisation des pratiques de production. L’enjeu est de professionnaliser davantage la filière afin de stabiliser l’offre et de limiter la dépendance aux importations.
À moyen terme, cette transition est appelée à transformer en profondeur le modèle halieutique togolais, en combinant préservation des écosystèmes marins et montée en puissance des systèmes d’élevage contrôlé.
La Rédaction

