Sensibilisation, dépistage et accompagnement médical au cœur d’une nouvelle initiative destinée à améliorer la prise en charge des jeunes patients.
Au Togo, la lutte contre la drépanocytose reste un défi de santé publique majeur. Malgré l’existence du Centre national de recherche et de soins aux drépanocytaires (CNRSD), un grand nombre d’enfants atteints de cette maladie génétique ne bénéficient toujours pas d’un suivi médical régulier.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation : l’absence généralisée de dépistage néonatal, un manque d’information au sein des familles, mais aussi des contraintes financières et certaines représentations socioculturelles qui freinent le recours aux soins.
Une initiative pour renforcer la prise en charge
Pour améliorer la détection précoce et l’accompagnement des enfants concernés, l’ONG Engagement Santé et Éducation pour Tous (ESET-Togo) met en œuvre un programme spécifique dans la région Maritime. L’action bénéficie d’un appui financier de la Santé navale française et s’inscrit en collaboration avec le ministère togolais de la Santé.
Baptisé ABED-Maritime (Accompagnement pour le bien-être des enfants drépanocytaires dans la région Maritime), le projet sera déployé entre mars et août 2026.
Trois axes d’intervention
L’initiative s’articule autour de plusieurs actions complémentaires destinées à renforcer la prévention et la prise en charge de la maladie :
•des campagnes de sensibilisation organisées dans les écoles, les centres de santé et les communautés
•des opérations de dépistage visant au moins 500 enfants
•un accompagnement médical incluant la mise à disposition de médicaments essentiels et des conseils nutritionnels adaptés
Les enfants identifiés comme porteurs de la maladie seront d’abord pris en charge au sein de la maison ESET-Togo, avant d’être orientés vers le CNRSD pour un suivi médical spécialisé.
Une maladie encore très répandue
Les données disponibles montrent l’ampleur du défi sanitaire. Selon le Dr Raymond Kouassi, médecin au CNRSD, environ 16 % de la population togolaise est porteuse saine du gène de la drépanocytose. Par ailleurs, 1,3 % des habitants présentent la forme SS, la variante la plus grave de la maladie.
Pour Julienne Honkou, coordinatrice du projet, l’objectif est clair : réduire les complications et améliorer la qualité de vie des enfants atteints grâce à un diagnostic plus précoce et à un accompagnement médical adapté.
La Rédaction

