Face aux perturbations maritimes dans le Golfe, les Nations unies déploient un mécanisme inédit pour éviter une crise agricole mondiale liée au blocage des flux d’engrais.
La crise au Moyen-Orient commence à produire des effets bien au-delà du terrain militaire. Inquiète des répercussions économiques et humanitaires, l’ONU a annoncé la mise en place d’un dispositif spécifique destiné à maintenir le commerce des engrais via le détroit d’Ormuz, artère stratégique du commerce mondial.
Selon le porte-parole du secrétaire général, les perturbations actuelles du trafic maritime risquent de provoquer un effet d’entraînement rapide, affectant à la fois la production agricole et les besoins humanitaires dans plusieurs régions déjà fragilisées.
Un groupe de travail pour éviter la rupture
Pour anticiper ce risque, António Guterres a décidé de créer un groupe de travail international piloté par Jorge Moreira da Silva, directeur exécutif de l’UNOPS. Ce dispositif réunit des agences onusiennes spécialisées dans le commerce, des autorités maritimes internationales ainsi que des acteurs du secteur privé. Sa mission est d’élaborer des solutions techniques concrètes capables d’assurer la circulation des engrais et de leurs matières premières, malgré les tensions persistantes dans la région.
Un mécanisme inspiré de précédents de crise
L’ONU s’appuie sur des expériences déjà éprouvées dans d’autres contextes sensibles, notamment les corridors céréaliers en mer Noire, les mécanismes humanitaires déployés au Yémen ou encore les dispositifs logistiques mis en place pour Gaza. L’objectif est de reproduire un modèle opérationnel capable de sécuriser les flux essentiels sans porter atteinte à la souveraineté des États concernés ni aux cadres juridiques internationaux.
Un enjeu agricole mondial
Les engrais occupent une place centrale dans les rendements agricoles. Une perturbation prolongée de leur approvisionnement pourrait entraîner une baisse des productions, provoquer une hausse des prix alimentaires et accentuer l’insécurité alimentaire, notamment en Afrique et en Asie. Dans un contexte déjà sous pression, l’ONU cherche ainsi à éviter qu’une crise logistique ne débouche sur une crise alimentaire globale.
Une initiative aussi diplomatique
Au-delà de l’aspect technique, cette initiative vise également à instaurer un minimum de confiance entre les États impliqués. L’ONU espère que ce mécanisme pragmatique pourra servir de point d’appui à des discussions plus larges, en vue d’un règlement politique durable du conflit.
Une région sous haute tension
Parallèlement, l’organisation s’inquiète de l’élargissement du conflit, notamment au Liban, où les affrontements entre Israël et le Hezbollah continuent de provoquer des déplacements massifs de populations civiles. Plus d’un million de personnes ont déjà été contraintes de fuir, dans un contexte de forte instabilité.
L’ONU rappelle qu’aucune solution militaire ne pourra résoudre durablement la crise et appelle les parties à privilégier les voies diplomatiques, dans le respect de la souveraineté des États et des engagements internationaux.
La Rédaction

