Dans la préfecture de Dankpen, la lutte contre les mariages précoces et forcés reste au cœur des actions de sensibilisation menées auprès des communautés et des jeunes filles. Face à un phénomène encore présent dans certaines zones rurales, la Commission nationale des droits de l’hommemultiplie les initiatives de prévention afin de renforcer la protection des mineures et promouvoir leur maintien à l’école.
À Guérin-Kouka, dans la commune Dankpen 1, responsables communautaires, chefs traditionnels et élèves ont récemment pris part à une série d’échanges consacrés aux conséquences sociales, éducatives et sanitaires des unions précoces.
Un phénomène aux conséquences durables
Placée sous le thème des liens entre droits humains et traditions sociales, la rencontre a permis d’aborder les effets souvent irréversibles des mariages imposés aux jeunes filles.
Les intervenants ont notamment insisté sur les risques liés aux grossesses précoces, au décrochage scolaire, aux violences psychologiques et physiques, ainsi qu’à la précarité économique dans laquelle basculent de nombreuses victimes.
Pour les responsables de l’antenne Kara de la Commission nationale des droits de l’homme, la question ne relève pas uniquement des traditions familiales, mais touche directement aux droits fondamentaux des jeunes filles, à leur autonomie et à leur avenir social.
Informer sur les mécanismes de protection existants
Les échanges ont également permis de rappeler les dispositifs juridiques encadrant la protection des enfants au Togo, notamment les dispositions prévues par le code de l’enfant et le code pénal contre les unions forcées ou impliquant des mineurs.
L’objectif affiché est de renforcer la connaissance des mécanismes de protection au sein des communautés, mais aussi d’encourager les signalements et la prévention à travers les autorités locales, les enseignants et les leaders traditionnels.
Le maintien des filles à l’école au centre du message
Au-delà des discours institutionnels, la sensibilisation a mis l’accent sur l’éducation comme principal rempart contre les mariages précoces.
Une représentation théâtrale réalisée par des élèves a illustré le dilemme auquel certaines jeunes filles peuvent être confrontées entre poursuite des études et pressions sociales liées au mariage. Le scénario mettait en avant l’importance de la scolarisation et de l’autonomie économique dans la construction de l’avenir des adolescentes.
À travers ce type d’initiatives, les acteurs engagés dans la lutte contre les mariages précoces cherchent à agir directement sur les mentalités locales, dans des zones où les réalités sociales et économiques continuent parfois d’alimenter le phénomène.
La Rédaction

