Le soleil de Floride brille sur Miami, mais dans les salons feutrés du Mar-a-Lago, l’ambiance est électrique. Donald Trump, entouré de ses conseillers et de Marco Rubio, prépare la prochaine étape de sa stratégie géopolitique. Cuba, cette île des Caraïbes souvent décrite comme verrouillée par le communisme depuis plus de soixante ans, est désormais au cœur de ses déclarations publiques. « Cuba va tomber très bientôt », lance Trump lors d’une interview téléphonique accordée à CNN. Une phrase simple, mais lourde de menaces et d’implications.
Une stratégie en plusieurs actes
Pour Trump, Cuba n’est pas un objectif isolé. Après avoir orchestré des pressions et des interventions contre Nicolas Maduro au Venezuela et Ali Khamenei en Iran, le président américain considère l’île comme la prochaine pièce d’un échiquier qu’il manie avec audace. L’annonce de confier le dossier à Marco Rubio souligne l’importance stratégique que Trump accorde à cette mission. Il parle d’« un accord fort » à négocier avec La Havane, mais précise que l’Iran reste la priorité immédiate. Loin d’être une simple déclaration, ces propos traduisent une volonté de remodeler la scène politique latino-américaine selon une vision très personnelle de la puissance américaine.
Le sommet de Miami : un signal fort
Le 7 mars, Trump a convoqué le sommet « Bouclier des Amériques », réunissant douze dirigeants latino-américains considérés comme proches de sa politique. Officiellement, ce sommet devait lutter contre les cartels et limiter l’influence économique de la Chine dans la région. Mais pour Cuba, il s’agit d’une provocation déguisée.
Miguel Diaz-Canel, président cubain, n’a pas mâché ses mots. Sur X, il a dénoncé un « petit sommet réactionnaire et néocolonial » et accusé les États-Unis de vouloir légitimer l’usage de la force militaire pour résoudre des « problèmes internes » dans la région. Il a également rappelé la Proclamation de l’Amérique latine et des Caraïbes comme zone de paix, signée en 2014, et dénoncé toute tentative de subordonner les pays de la région aux intérêts américains sous la doctrine Monroe.
Sanctions et pression économique
Mais la guerre des mots ne s’arrête pas là. Trump a durci les sanctions contre Cuba, imposant un blocus pétrolier aggravé et contribuant à des coupures d’électricité pouvant durer plusieurs jours. La population, déjà fragilisée par la crise sanitaire, ressent de plus en plus la pression. Pour Trump, il s’agit d’un levier supplémentaire pour pousser le régime cubain à négocier. Pour Diaz-Canel, c’est un signal de défiance et un rappel que Cuba ne cédera pas facilement.
La tension monte
Entre Miami et La Havane, la tension est palpable. Dans les rues de La Havane, les habitants scrutent les nouvelles à la télévision et s’inquiètent de l’avenir économique du pays. À Washington, Trump continue de marteler son message : Cuba est sur la liste des prochains objectifs géopolitiques.
Cette confrontation dépasse largement le cadre bilatéral. Elle illustre les enjeux géopolitiques régionaux, le poids de l’influence américaine en Amérique latine et les risques de nouvelles escalades. Le bras de fer entre Trump et Diaz-Canel promet de continuer, avec la souveraineté cubaine et la stabilité régionale comme principaux enjeux.
La Rédaction

