Les manifestations au Bangladesh, initialement lancées par des étudiants pour contester un système de quotas dans l’accès à l’emploi public, ont rapidement dégénéré en une crise politique majeure. Ce mouvement, qui a débuté le 1er juillet 2024, visait à abolir des quotas jugés discriminatoires et qui favorisaient les partisans de la Première ministre Sheikh Hasina.
Les tensions sont montées le 5 août 2024, lorsque des milliers de manifestants ont pris d’assaut le palais de la Première ministre à Dacca. Sheikh Hasina a quitté son palais par hélicoptère peu avant que la foule ne pénètre dans la résidence officielle. Son fils, Sajeeb Wazed, quant à lui a appelé les forces de sécurité à protéger le pays et à respecter la Constitution.
Le bilan des violences est tragique : au moins 300 personnes ont été tuées depuis le début des manifestations, avec 94 morts signalés lors d’une journée particulièrement violente. Les affrontements entre manifestants, forces de l’ordre et partisans du gouvernement ont transformé Dacca en un véritable champ de bataille où les émeutiers détruisent des biens dans le palais.
En réponse à la situation, le chef de l’armée, le général Waker-Uz-Zaman, a annoncé son intention de former un gouvernement intérimaire, affirmant qu’il avait déjà contacté des partis d’opposition et des membres de la société civile. Il a également promis d’enquêter sur les meurtres survenus durant les manifestations.
Avec un arrêt total de l’activité économique et la fermeture de milliers d’usines, notamment dans le secteur de l’habillement, le contexte économique actuel du pays est préoccupant. Un couvre-feu a été imposé et l’accès à Internet a été largement restreint pour tenter de contrôler les manifestations.
Alors que les étudiants continuent de revendiquer plus de justice et des réformes significatives, les manifestations, qui prennent une ampleur sans précédent, reflètent un mécontentement profond face à un système de gouvernance perçu comme autoritaire.
La Rédaction

