Les agences onusiennes basées à Genève font face à une situation inédite avec un questionnaire envoyé par Washington, comportant 36 questions aux implications lourdes. Face à cette initiative de l’administration Trump, le siège new-yorkais de l’ONU a réagi en envoyant des directives aux agences concernées afin d’assurer une réponse commune et de préserver le statut des Nations unies.
Le document adressé aux organisations internationales et aux ONG basées à Genève a surpris par la nature de ses questions. L’administration américaine semble vouloir conditionner son financement à des critères politiques et idéologiques stricts. Parmi les points les plus marquants, le questionnaire exige que les organisations confirment ne collaborer avec aucune entité affiliée au communisme, au socialisme ou à des mouvements considérés comme antiaméricains. Il impose également la vérification que ces structures n’ont reçu aucun financement en provenance de pays comme la Chine, la Russie, Cuba ou l’Iran. Autre exigence : s’assurer que les projets soutenus ne concernent ni le climat ni la justice environnementale. Enfin, le questionnaire demande aux organisations de prouver qu’elles prennent des mesures contre “l’idéologie du genre”, en accord avec un décret présidentiel.
Ces exigences ont suscité de vives inquiétudes parmi les acteurs de la Genève internationale. Phil Lynch, directeur du Service international pour les droits de l’homme, a dénoncé une volonté de “punir les organisations qui défendent l’égalité des genres, l’inclusion, la diversité ou encore la lutte contre le changement climatique”. Ce questionnaire est perçu comme une tentative de Washington de remodeler l’action des agences onusiennes selon des critères idéologiques spécifiques, ce qui représente un défi majeur pour la neutralité et l’indépendance de l’ONU.
Conscient des risques liés à ce document, le Secrétariat général des Nations unies a pris des mesures pour encadrer la réponse des agences concernées. Le Bureau des affaires juridiques (OLA) du siège new-yorkais a envoyé un document interne insistant sur la nécessité d’une approche commune pour garantir la cohérence et préserver l’intégrité des institutions onusiennes. Ce document, transmis discrètement par e-mail, vise à éviter toute fragilisation du statut des Nations unies face à ces nouvelles pressions.
Alors que cette affaire secoue la Genève internationale, une autre crise touche les agences onusiennes. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM), basée à Genève, vient d’annoncer le licenciement de 20 % de ses effectifs. Un choix difficile qui reflète les tensions budgétaires croissantes auxquelles sont confrontées les institutions onusiennes, dans un contexte où leur financement est de plus en plus soumis à des enjeux politiques et idéologiques.
La Rédaction

