Alors que l’organisation de la Coupe du Monde 2030 prend forme, l’Espagne est rattrapée par une polémique de grande ampleur. Selon des révélations explosives du journal El Mundo, la Fédération espagnole de football (RFEF) aurait délibérément falsifié les évaluations des stades pour favoriser certains au détriment d’autres, soulevant des soupçons de corruption et de favoritisme.
Une sélection sur-mesure ?
Désignée en 2023 pour co-organiser le tournoi aux côtés du Portugal, du Maroc, de l’Argentine, de l’Uruguay et du Paraguay, l’Espagne devait initialement choisir 11 stades pour accueillir les matchs. Mais le processus de sélection est aujourd’hui sous le feu des critiques.
Selon El Mundo, le stade Balaídos de Vigo, qui figurait parmi les sites retenus, a été subitement écarté au profit du stade Anoeta de San Sebastián après un mystérieux ajustement des scores. Un fichier Excel interne aurait été modifié pour gonfler artificiellement la note d’Anoeta, lui permettant de dépasser Vigo et d’être retenu dans la liste finale.
Indigné, Abel Caballero, maire de Vigo, a immédiatement dénoncé une manipulation flagrante et exigé des explications publiques. « Tout doit être justifié, avec des procès-verbaux signés électroniquement. Je n’ai confiance en rien », a-t-il martelé.
Un enregistrement explosif
L’affaire a pris une ampleur encore plus grave avec la divulgation d’un enregistrement audio compromettant. Lors d’une réunion en juin 2024, María Tato, cheffe de la candidature espagnole, et plusieurs membres du comité auraient discuté ouvertement de la façon dont ils pouvaient modifier les notes pour parvenir au « résultat souhaité ».
« Saisissons les valeurs dans Excel pour voir ce que nous obtenons. Nous allons faire le premier test sur 800 jusqu’à obtenir le bon résultat », peut-on entendre dans l’enregistrement révélé par El Mundo.
Face à la tempête médiatique, la RFEF a promis d’analyser le processus de sélection, tout en soulignant que la plupart des membres du comité avaient quitté leurs fonctions avant l’arrivée du nouveau président, Rafael Louzán. Mais cette tentative de minimiser l’affaire ne convainc pas, d’autant que María Tato, déjà citée dans plusieurs polémiques au sein du football espagnol, se retrouve une nouvelle fois au centre des critiques.
Avec cette nouvelle controverse, l’image de l’Espagne en tant que co-organisatrice du Mondial 2030 est sérieusement écornée. La transparence du processus de sélection des sites hôtes est désormais remise en question, et cette affaire pourrait bien alimenter des tensions supplémentaires à l’approche du centenaire de la Coupe du Monde.
La Rédaction

