Avec 533 590 tonnes de coton graine récoltées en 2025/2026, le Bénin devient le premier producteur de la zone CFA devant le Mali. Une première place obtenue dans un contexte paradoxal : la production béninoise elle-même recule, mais moins fortement que celle de ses principaux concurrents.
Le leadership régional change de main. Selon le Programme régional de production intégrée du coton en Afrique, le Bénin a pris la première place de la zone CFA à l’issue de la campagne 2025/2026, avec 533 590 tonnes produites.
Cette performance ne traduit pourtant pas une envolée de la récolte béninoise. La production du pays a baissé de 16,3 % sur un an. Mais le Mali a connu un décrochage beaucoup plus sévère, avec une chute de 39,5 %, à 397 540 tonnes. C’est ce différentiel qui permet à Cotonou de passer devant Bamako.
Un leadership acquis dans une campagne difficile
À l’échelle régionale, la tendance reste préoccupante. Les principaux producteurs de la zone CFA ont récolté 1,98 million de tonnes de coton graine, contre 2,31 millions un an plus tôt, soit une baisse de 14,2 %.
Le recul s’inscrit dans une tendance plus longue : la production régionale approchait encore 2,6 millions de tonnes en 2023/2024. Les irrégularités pluviométriques ont pesé sur plusieurs bassins, tandis que le Mali a également subi les effets des jassides, ravageurs particulièrement destructeurs pour les cultures cotonnières.
Derrière le Bénin et le Mali, le Burkina Faso progresse de 7 % à 313 042 tonnes et passe devant la Côte d’Ivoire, quasiment stable à 310 407 tonnes. Le Cameroun suit avec 250 722 tonnes, en recul de 11,9 %.
Le volume ne dit pas tout
La première place béninoise masque aussi une autre réalité : le pays n’est pas le plus performant en rendement. Le Cameroun arrive en tête avec 1 268 kg par hectare, devant le Sénégal avec 1 235 kg/ha et la Côte d’Ivoire avec 1 069 kg/ha.
Le Mali ne dépasse que 745 kg/ha et le Tchad 545 kg/ha. À l’inverse, certains producteurs de taille plus modeste enregistrent de fortes progressions en volume. Le Sénégal bondit de 62,2 %, tandis que le Tchad et le Togo progressent chacun de 30,3 %.
Ces écarts montrent que le classement régional dépend autant des superficies emblavées et des aléas climatiques que de l’efficacité agronomique.
Consolider la première place
La campagne 2026/2027 est déjà engagée, avec les premiers semis réalisés depuis mai. Pour le Bénin, l’enjeu sera désormais de transformer un leadership conjoncturel en position durable.
Cela supposera de contenir la hausse du coût des intrants, d’améliorer les rendements et de sécuriser les producteurs face aux chocs climatiques et phytosanitaires. Car la première place acquise cette année repose moins sur une accélération béninoise que sur une contraction plus brutale de la concurrence.
Le vrai défi commence donc maintenant : rester premier dans une filière régionale qui produit moins, coûte plus cher et devient plus vulnérable aux aléas.
La Rédaction
Source principale : Programme régional de production intégrée du coton en Afrique (PR-PICA), bulletin de juillet 2026.

