La COP29, qui s’est tenue à Bakou, a vu les pays développés s’engager à financer la transition énergétique des pays en développement à hauteur de 300 milliards de dollars par an. Un montant qui reste bien en deçà des 1 000 milliards espérés par ces pays, qui peinent à obtenir des financements à la hauteur de leurs ambitions climatiques.
Après deux semaines de négociations tendues, les 197 pays réunis en Azerbaïdjan ont approuvé, dans la nuit du 23 au 24 novembre, un accord prévoyant de porter à 300 milliards de dollars annuels, d’ici 2035, les financements pour les pays en développement. Un montant nettement inférieur aux 500 milliards espérés, et encore plus loin des 1 000 milliards de dollars envisagés initialement. Ce financement devrait soutenir la transition énergétique des pays du Sud, leur permettant d’investir dans des énergies bas carbone et de faire face aux conséquences du changement climatique. Mais cet accord n’a pas convaincu les nations concernées, qui estiment qu’il ne répond pas à l’urgence des défis.
Les pays développés, dont les États-Unis, l’Union européenne, le Canada, le Japon, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, se sont engagés à augmenter leurs prêts et dons de 100 milliards à 300 milliards de dollars par an d’ici 2035. Cependant, l’Union européenne, principal bailleur, a fait savoir qu’elle ne pouvait pas aller au-delà de ce montant, citant des problèmes économiques internes. Certaines voix, comme celle de Wopke Hoekstra, commissaire européen, ont salué cet accord comme un « pas historique » pour la finance climatique, mais la ministre française Agnès Pannier-Runacher a jugé le résultat « décevant », soulignant que les enjeux demeuraient largement sous-estimés.
De leur côté, des responsables comme le président américain Joe Biden et le secrétaire britannique à l’Énergie, Ed Miliband, ont reconnu que bien que l’accord soit une avancée, il reste encore beaucoup à faire. Le représentant des pays les plus pauvres a qualifié cet engagement de « trop faible » et a regretté l’ambiguïté de la mise en œuvre des engagements. Ali Mohamed, le négociateur principal du groupe africain, a évoqué une « montagne de travail » à accomplir.
L’organisation du sommet a également été critiquée. Certains ont dénoncé la proximité de l’Azerbaïdjan avec les pays producteurs de pétrole, ce qui a conduit plusieurs nations les plus vulnérables à quitter une réunion. La ministre brésilienne Marina Silva, future présidente de la COP, a qualifié cette expérience de « douloureuse ».
Enfin, la question de la transition énergétique s’est révélée un autre point de déception. L’appel à la sortie des énergies fossiles, inscrit à la COP28 de Dubaï, a été retiré des documents finaux, tandis que le terme « combustibles de transition », notamment le gaz naturel, a été explicitement mentionné. Les Européens, qui espéraient un engagement plus ferme sur la réduction des émissions, ont également vu leurs propositions pour un suivi annuel des efforts de transition énergétique rejetées.
Cet accord intervient dans un contexte où 2024 devrait être l’année la plus chaude jamais enregistrée, alors même que l’humanité continue d’augmenter sa consommation de pétrole, de gaz et de charbon. Les tempêtes et catastrophes climatiques qui ont frappé plusieurs pays pendant le sommet rappellent l’urgence de l’action climatique.
La Rédaction

