Financé par l’Agence française de développement (AFD), le second volet du projet OSEER prend corps dans la région Centrale. Au-delà du symbole diplomatique, cette initiative cible l’un des nœuds structurels du développement togolais : l’insertion économique des jeunes et l’autonomisation des femmes en zone rurale.
Dans une Afrique de l’Ouest confrontée à une transition démographique accélérée, l’équation de l’emploi des jeunes s’impose comme un enjeu central de stabilité sociale et de croissance économique. Au Togo, cette problématique structure de plus en plus les orientations des politiques publiques et des partenariats internationaux, comme en témoigne le déploiement opérationnel du programme OSEER II dans la région Centrale.
Une réponse axée sur l’insertion et l’auto-emploi
Financé par l’Agence française de développement (AFD), ce dispositif vise à accompagner environ 1 500 jeunes vers l’insertion socioéconomique et la création d’activités génératrices de revenus. L’approche retenue ne repose pas uniquement sur des mécanismes d’assistance, mais sur un dispositif structuré combinant formation, accompagnement technique et soutien à l’entrepreneuriat.
Déployé dans les préfectures de Tchaoudjo et de Tchamba, le programme entend renforcer les dynamiques économiques locales en favorisant l’émergence de micro-entreprises capables de stimuler l’activité dans les territoires.
Une forte dimension inclusive portée par l’entrepreneuriat féminin
La spécificité de cette seconde phase réside dans sa forte orientation en faveur de l’inclusion des femmes, qui représentent près de 70 % des bénéficiaires. Ce choix répond à une réalité socioéconomique largement observée : en milieu rural, l’entrepreneuriat féminin constitue un pilier essentiel de la résilience économique des ménages, malgré un accès encore limité au financement et à la formation.
En articulant formation technique, accompagnement managérial et structuration de projets économiques, OSEER II ambitionne de transformer des initiatives souvent informelles en activités viables et durables, intégrées dans le tissu productif local.
Une coopération franco-togolaise en mutation
Au-delà de son impact local, le programme illustre l’évolution des modalités de la coopération entre la France et le Togo. Dans un contexte de recomposition des relations entre Paris et plusieurs pays africains, l’AFD maintient une présence active au Togo à travers des projets ciblés à fort impact social.
L’institution aurait engagé environ 395 millions d’euros ces dernières années dans le pays, intervenant notamment dans les secteurs de l’énergie, de l’eau potable et de la formation professionnelle. Cette approche s’inscrit dans une logique de développement territorial et de réduction des inégalités.
L’emploi des jeunes comme levier de transformation structurelle
Pour les autorités togolaises, ces programmes constituent un outil stratégique dans la lutte contre le chômage des jeunes et la réduction des disparités régionales. En misant sur la formation et l’entrepreneuriat, OSEER II s’inscrit dans une vision de long terme visant à transformer le dividende démographique en moteur de croissance durable.
La Rédaction

