Moroni, 6 juillet 2025 — L’Union des Comores célèbre ce dimanche le cinquantenaire de son indépendance, acquise le 6 juillet 1975, après la fin de l’administration coloniale française. Cinquante années jalonnées de bouleversements politiques, de coups d’État à répétition et de tentatives successives de stabilisation institutionnelle.
Depuis l’indépendance, les Comores ont connu plus d’une vingtaine de changements de régime, souvent par la force. La petite nation insulaire de l’océan Indien, composée des îles de Grande Comore, Anjouan et Mohéli, a peiné à établir une continuité démocratique solide. Le pays a notamment été marqué par l’intervention fréquente de mercenaires étrangers, des transitions constitutionnelles fragiles et des contestations électorales répétées.
La période actuelle est dominée par le président Azali Assoumani, une figure centrale de la vie politique comorienne depuis plus de deux décennies. Il avait initialement pris le pouvoir en 1999 à la suite d’un coup d’État militaire, avant d’être élu président en 2002. Après une période de retrait, il est revenu au pouvoir en 2016 par les urnes, puis a été réélu en janvier 2024 dans un scrutin dénoncé par plusieurs acteurs de l’opposition comme non transparent.
Le système institutionnel actuel repose sur une présidence tournante entre les îles, mécanisme instauré dans les années 2000 pour prévenir les conflits interinsulaires. Ce mécanisme a été modifié à plusieurs reprises, notamment lors du référendum de 2018 qui a supprimé la présidence tournante, renforçant les pouvoirs du chef de l’État.
Sur le plan économique et social, les défis restent considérables. Le pays affiche un produit intérieur brut avoisinant 1,4 milliard de dollars, pour une population estimée à environ 850 000 habitants. Les Comores dépendent fortement des transferts de la diaspora, notamment en provenance de France, ainsi que de l’aide internationale. Les secteurs de la santé, de l’éducation et de l’emploi demeurent sous-développés malgré les efforts engagés par les autorités successives.
Alors que les célébrations du jubilé de l’indépendance sont prévues dans tout l’archipel, la population oscille entre fierté nationale et frustration persistante. Si des progrès notables ont été réalisés dans certains domaines comme les infrastructures, la stabilité institutionnelle reste fragile, et la question de la transparence électorale continue d’alimenter le débat public.
À l’heure du bilan, les Comores se trouvent à la croisée des chemins : entre la nécessité de renforcer les institutions démocratiques et l’urgence de répondre aux attentes sociales de la population.
La Rédaction

