Face à l’intensification des effets du changement climatique, le Togo poursuit la structuration de sa politique environnementale. Le pays prépare une nouvelle étape destinée à renforcer sa capacité à concevoir, financer et mettre en œuvre des projets d’adaptation, en s’appuyant davantage sur ses propres institutions et sur les mécanismes internationaux dédiés au climat.
Les défis climatiques ne se limitent plus à la protection de l’environnement. Ils touchent désormais l’agriculture, les ressources en eau, les forêts, le littoral, la sécurité alimentaire et les conditions de vie des populations. Pour y répondre, le Togo cherche progressivement à renforcer les outils qui soutiennent son action climatique.
C’est dans cette perspective que le ministère chargé de l’Environnement a réuni, à Lomé, les principaux acteurs du secteur afin de valider deux instruments appelés à jouer un rôle important dans cette stratégie. Le premier doit accompagner l’Office de développement et d’exploitation des forêts (ODEF) dans son processus d’accréditation auprès du Fonds vert pour le climat, tandis que le second porte sur un projet consacré au développement durable de la filière coco et à la restauration des mangroves dans les communes de Lacs 1 et Lacs 2.
Donner aux institutions nationales un rôle plus central
Au-delà de leur dimension technique, ces travaux traduisent une ambition plus large : permettre aux institutions togolaises de jouer un rôle accru dans la mobilisation et la gestion des financements internationaux consacrés au climat.
L’accréditation de l’ODEF auprès du Fonds vert pour le climat constituerait une étape importante. Elle offrirait à l’établissement public la possibilité de soumettre directement des projets et d’accéder plus facilement aux ressources destinées aux politiques d’adaptation et d’atténuation, tout en renforçant l’appropriation nationale des programmes financés.
Des projets qui associent environnement et développement local
La stratégie climatique du Togo ne se limite pas au renforcement institutionnel. Elle vise également à soutenir des initiatives directement liées aux réalités des territoires.
Le projet consacré à la filière coco et aux mangroves illustre cette approche. Il ambitionne de renforcer la résilience des communautés côtières, de préserver des écosystèmes particulièrement exposés aux effets du changement climatique et de développer des activités économiques compatibles avec la protection de l’environnement.
En jouant un rôle de barrière naturelle contre l’érosion et les inondations, les mangroves contribuent à la fois à la protection du littoral, à la préservation de la biodiversité et au maintien des moyens de subsistance des populations riveraines.
Une politique climatique qui gagne en maturité
Ces initiatives s’inscrivent dans la continuité de plusieurs instruments déjà adoptés par le pays, notamment la politique forestière 2021-2030, le Plan national d’adaptation aux changements climatiques et les Contributions déterminées au niveau national (CDN 3.0).
Elles prolongent également le partenariat stratégique conclu en 2024 entre l’INSEED et le Centre africain pour le développement équitable (ACED) afin de renforcer les capacités nationales dans plusieurs domaines liés au développement durable.
À travers cette nouvelle étape, le Togo ne cherche pas seulement à financer davantage de projets environnementaux. Il entend surtout consolider une stratégie climatique fondée sur des institutions nationales plus solides, une meilleure mobilisation des ressources internationales et des interventions davantage ancrées dans les besoins des territoires les plus vulnérables.
La Rédaction
Sources et références
- Ministère de l’Environnement et des Ressources forestières.
- Office de développement et d’exploitation des forêts (ODEF).
- Fonds vert pour le climat (Green Climate Fund).

