Après des intempéries qui ont récemment fait plus de 23 000 sinistrés et trois morts dans le Grand Lomé, la prévention des inondations revient au premier plan dans la région Maritime. Ce vendredi, douze localités des préfectures des Lacs, du Bas-Mono et de Yoto participent à un exercice grandeur nature destiné à mesurer leur capacité à réagir lorsqu’une alerte est déclenchée.
Dans les zones régulièrement exposées aux crues, savoir qu’une menace approche ne suffit pas. Encore faut-il que l’information circule rapidement, que les habitants comprennent la conduite à tenir et que l’évacuation puisse s’organiser avant que les routes ou les habitations ne deviennent difficilement accessibles.
C’est précisément cette mécanique que la Croix-Rouge togolaise (CRT) met à l’épreuve ce vendredi. L’exercice concerne douze communautés vulnérables, parmi lesquelles Adamé, Agbétiko et Logokpo, dans les préfectures des Lacs, du Bas-Mono et de Yoto.
De l’alerte à l’évacuation
La simulation doit permettre d’évaluer le fonctionnement du Système d’alerte précoce (SAP) dans des conditions proches d’une situation d’urgence. Diffusion de l’information, réaction des populations, organisation des déplacements vers des espaces plus sûrs et coordination des intervenants : chaque étape compte lorsqu’une montée rapide des eaux menace une communauté.
L’opération est conduite par la Croix-Rouge togolaise avec l’appui financier du ministère allemand de la Coopération économique (BMZ), par l’intermédiaire de la Croix-Rouge allemande.
Au-delà des procédures, l’exercice doit surtout révéler les éventuelles failles : une alerte qui arrive trop tard, une consigne mal comprise ou un itinéraire d’évacuation mal maîtrisé peuvent réduire considérablement l’efficacité d’un dispositif pourtant établi en amont.
Apprendre à réagir avant l’urgence
Les récentes inondations dans le Grand Lomé donnent à cette simulation une résonance particulière. Avec plus de 23 000 personnes sinistrées et trois décès recensés, elles ont rappelé la vulnérabilité persistante des territoires du sud face aux épisodes de fortes précipitations.
Dans ce contexte, la prévention ne repose plus uniquement sur les infrastructures destinées à contenir ou évacuer les eaux. Elle passe également par la préparation des habitants, leur connaissance des risques et leur capacité à adopter rapidement les bons réflexes.
C’est tout l’enjeu de l’exercice mené dans ces douze localités : transformer les dispositifs d’alerte en réactions concrètes. Car lorsqu’une crue survient, l’efficacité d’un système ne se mesure pas seulement à sa capacité à prévoir le danger, mais au temps réellement gagné entre l’alerte et la mise à l’abri des populations.
La Rédaction

