Des ONG mettent en garde contre les graves impacts environnementaux et humains du projet de construction de barrages en Tibet par la Chine, un projet dont les répercussions risquent d’affecter toute l’Asie du Sud-Est.
Le rapport, publié le 5 décembre par la Campagne internationale pour le Tibet (ICT), alerte sur l’ampleur de la construction de 193 barrages, dont la plupart auront des dimensions colossales. Ce projet, qui permettra à Pékin de contrôler une part importante des ressources en eau de la région, pourrait avoir des conséquences dramatiques sur près de deux milliards de personnes. Vincent Metten, membre de l’ICT, dénonce l’exploitation des ressources naturelles tibétaines, allant des minéraux précieux tels que le lithium et l’uranium, jusqu’à l’eau, utilisée à des fins strictement commerciales.
Certains barrages sont d’une taille inédite : l’un d’eux sera trois fois plus grand que le plus vaste barrage existant à ce jour. Selon la chercheuse tibétaine Dechen Palmo, ces infrastructures seront achevées dans un délai de cinq ans, bien que la Chine garde une grande partie de ces projets sous silence. Leur production énergétique de 270 gigawatts, équivalente à la production de l’Allemagne, impactera une région peu peuplée, où seulement six millions d’habitants dépendent de ces ressources. Cela affectera particulièrement les pays voisins, qui dépendent de l’eau provenant du Tibet.
La sénatrice Jacqueline Eustache-Brinio, engagée pour le Tibet, alerte sur les dangers d’une mauvaise gestion de cette ressource vitale : “Une catastrophe humaine nous attend si nous ne travaillons pas sur une gestion partagée de l’eau”, avertit-elle. Ce projet ne concerne pas uniquement les populations tibétaines mais l’avenir de toute une région, avec des milliers de déplacés. Environ 750 000 personnes devraient être expulsées pour permettre la construction de ces barrages, aggravant ainsi les tensions déjà présentes dans la région.
La Rédaction

