Août 2025 s’annonce comme l’un des mois les plus étouffants jamais enregistrés. Des centaines de millions de personnes subissent des températures extrêmes, provoquant morts, feux de forêt et chaos climatique dans de nombreuses régions du monde.
Des pics de chaleur au-delà du supportable
Le dernier rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) alerte sur la poursuite de vagues de chaleur intenses début août, prolongeant une situation déjà critique en juillet. Dans plusieurs zones d’Asie occidentale, d’Afrique du Nord, du sud du Pakistan, du sud-ouest des États-Unis ou encore de l’Iran, les températures ont dépassé les 45°C, atteignant même 50°C dans certaines régions.
Le Maroc, en alerte canicule, a enregistré entre 40 et 47°C. Au Japon, un nouveau record national de 41,8°C a été atteint le 5 août, battant celui de la semaine précédente.
« La chaleur extrême est parfois qualifiée de tueur silencieux, mais avec les données actuelles, ce silence n’est plus acceptable », a déclaré Ko Barrett, Secrétaire général adjoint de l’OMM.
Des conséquences en chaîne
Les températures diurnes et nocturnes exceptionnellement élevées ont provoqué des perturbations importantes :
• Coupures d’électricité et pénuries d’eau
• Fermeture d’établissements scolaires et baisse de la productivité
• Saturation des services de santé
• Explosion des incendies de forêt
Entre 2000 et 2019, près de 489 000 décès annuels liés à la chaleur ont été enregistrés, dont près de 81 % en Asie et en Europe, selon des modélisations.
Des incendies dévastateurs sur tous les continents
La chaleur extrême a amplifié les feux de forêt à travers le globe :
• En Europe du Sud, notamment en Grèce, à Chypre et en Turquie, les pompiers ont dû faire face à des incendies meurtriers.
• En Espagne, le feu parti mardi à Tarifa a été maîtrisé, mais un brasier ravage toujours l’Aude, brûlant plus de 16 000 hectares, soit plus que la superficie de Paris.
• Au Canada, la saison 2025 est l’une des pires en termes de surface brûlée, avec 6,6 millions d’hectares consumés au 3 août – trois fois plus que la moyenne des 25 dernières années.
Ces incendies, au-delà de leur danger immédiat, aggravent encore la situation sanitaire, notamment par la dégradation de la qualité de l’air, souvent irréversible pour les personnes vulnérables.
Un mois d’août à haut risque
Juillet 2025 a été classé troisième mois de juillet le plus chaud jamais mesuré dans le monde, selon le service Copernicus sur le changement climatique de l’Union européenne. Cette tendance se prolonge dangereusement en août, avec des zones comme le sud-est de l’Europe, l’Himalaya, la Chine ou le Japon particulièrement affectées.
« La combinaison de la chaleur en surface et d’air froid en altitude crée aussi des précipitations extrêmes et des glissements de terrain dévastateurs », alerte Omar Baddour, climatologue à l’OMM.
Face à l’urgence : agir sans attendre
Les épisodes de chaleur extrême ne sont plus des anomalies : ils deviennent la norme. L’OMM insiste sur l’importance cruciale :
• D’alertes précoces fiables
• De plans d’action locaux contre la chaleur
• De campagnes d’information pour prévenir les risques
• D’infrastructures résilientes pour atténuer les effets
Les gouvernements doivent anticiper les effets du réchauffement climatique, au lieu de réagir dans l’urgence.
La Rédaction

