Après des années d’assistance internationale, la République centrafricaine cherche à renforcer son autonomie dans deux domaines essentiels à la stabilisation du pays : la lutte contre les engins explosifs et la maîtrise des armes légères. Avec l’appui de la MINUSCA, les institutions nationales progressent, mais leur déploiement sur l’ensemble du territoire reste un défi majeur.
En République centrafricaine, la consolidation de la paix passe aussi par la capacité de l’État à sécuriser les armes et à neutraliser les menaces explosives. Le 21 octobre, à Bangui, Ebrima Ceesay, Représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations unies, a évalué les progrès de deux institutions nationales accompagnées par la MINUSCA : l’Autorité nationale de lutte antimines (ANLAM) et la Commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères et de petit calibre (COMNAT-ALPC).
L’enjeu dépasse l’équipement de ces structures. Il s’agit de permettre aux autorités centrafricaines d’assumer durablement des responsabilités encore largement soutenues par l’expertise internationale.
Du déminage à une capacité nationale permanente
Créée en septembre 2025, l’ANLAM dispose désormais d’une stratégie nationale couvrant la période 2026-2031 et d’un plan d’action pour 2026-2028. Leur adoption constitue une avancée institutionnelle dans l’organisation des opérations de lutte antimines.
Avec l’appui du Service de la lutte antimines des Nations unies (UNMAS), l’institution bénéficie d’équipements spécialisés, de moyens logistiques et d’infrastructures réhabilitées. Elle doit toutefois renforcer ses effectifs, développer ses compétences techniques et étendre son action au-delà de Bangui.
Empêcher les armes de retourner dans les circuits illicites
Le contrôle des armes représente l’autre priorité. La COMNAT-ALPC poursuit des opérations de marquage permettant d’identifier les armements et d’améliorer leur traçabilité. Leur destruction définitive, lorsqu’ils sont obsolètes, contribue à prévenir leur réutilisation.
En septembre, la MINUSCA annonçait que plus de 1 000 armes étatiques avaient été marquées dans le cadre d’un programme soutenu par l’UNMAS. Cette démarche accompagne les efforts de désarmement et de sécurisation des stocks.
Une autonomie encore dépendante des moyens
Malgré ces avancées, les besoins financiers, matériels et humains demeurent importants. L’ANLAM souhaite prolonger l’assistance technique onusienne de deux années, tandis que la COMNAT-ALPC cherche les ressources nécessaires à son extension territoriale.
Pour Bangui, la prochaine étape sera de transformer ces acquis en services nationaux permanents, capables de fonctionner au-delà de l’accompagnement international.
La Rédaction

