Le Sénégal s’apprête à occuper simultanément deux positions déterminantes au sein de la Cédéao. Bassirou Diomaye Faye assure la présidence en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, tandis que le général Birame Diop doit prendre, le 1er septembre, la tête de la Commission. Réunis jeudi 27 août à Dakar, les deux responsables ont commencé à accorder leurs priorités dans une organisation confrontée à d’importants défis sécuritaires et politiques.
Sécurité et intégration au premier plan
Au Palais de la République, les discussions ont porté sur plusieurs dossiers communautaires : projet de monnaie unique ECO, prélèvements communautaires et amélioration de la libre circulation des personnes et des biens.
Mais la sécurité occupe une place centrale. Les deux responsables ont notamment évoqué l’opérationnalisation de la brigade régionale de lutte contre le terrorisme, alors que les groupes armés continuent d’étendre leur influence dans certaines parties de l’Afrique de l’Ouest.
La présidence de la Commission confiée au Sénégal pour la période 2026-2030 doit ainsi placer Birame Diop au cœur de la coordination des réponses régionales.
Réouvrir le dialogue avec l’AES
L’autre chantier majeur concerne les relations avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Désormais réunis au sein de la Confédération des États du Sahel, les trois pays ont quitté la Cédéao, fragilisant un projet d’intégration construit pendant plusieurs décennies.
La nouvelle direction devra donc gérer les conséquences de cette séparation tout en maintenant des espaces de coopération, particulièrement sur les questions sécuritaires, économiques et de circulation des populations.
Cette tâche sera l’un des tests politiques du tandem sénégalais : renforcer la Cédéao sans approfondir davantage la fracture avec ses anciens membres sahéliens.
Dakar au centre du jeu régional
La Guinée-Bissau figure également parmi les dossiers évoqués. Le Sénégal ayant été désigné facilitateur dans la crise bissau-guinéenne, Birame Diop estime que la Commission devra être prête à accompagner Dakar lorsque cette médiation entrera dans sa phase opérationnelle.
Cette double responsabilité donne au Sénégal une capacité d’impulsion importante, sans pour autant lui conférer seul le pouvoir de décision au sein de la Cédéao. Les grands arbitrages continueront de dépendre des États membres.
Pour Bassirou Diomaye Faye et Birame Diop, le véritable enjeu sera donc de transformer cette convergence institutionnelle en résultats : rapprocher les États, renforcer la réponse au terrorisme et relancer une intégration régionale sérieusement mise à l’épreuve.
La Rédaction
Sources : Présidence de la République du Sénégal ; Cédéao, août 2026.

