Les relations déjà fragiles entre l’Éthiopie et l’Érythrée se sont encore dégradées après la publication d’un article controversé de l’ancien président éthiopien Mulatu Teshome. Accusant Asmara de chercher à relancer le conflit dans le nord de l’Éthiopie, il a déclenché une riposte cinglante du gouvernement érythréen.
Une charge directe contre Isaias Afwerki
Dans une tribune publiée par Al Jazeera, Mulatu Teshome, président éthiopien entre 2013 et 2018 et proche du Premier ministre Abiy Ahmed, a violemment attaqué le président érythréen Isaias Afwerki. Il l’a décrit comme un dirigeant qui « se nourrit du conflit », accusant Asmara de saboter l’accord de paix de Pretoria signé en 2022 entre Addis-Abeba et le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).
« Isaias n’est pas seulement attiré par le conflit, il le recherche et s’en nourrit, tel un pyromane », a écrit Mulatu, appelant la communauté internationale à exercer des pressions diplomatiques pour empêcher une nouvelle escalade.
Une réponse furieuse de l’Érythrée
Le ministre érythréen de l’Information, Yemane Gebremeskel, a rapidement réagi, qualifiant ces accusations de « stupides et audacieuses », les considérant comme une tentative de « faire de l’Érythrée un bouc émissaire ».
Asmara affirme s’être retirée du Tigré après la guerre civile (2020-2022), mais des rapports indiquent que des troupes érythréennes occupent toujours certaines zones du nord de la région.
Le spectre de nouvelles alliances instables
Un autre élément vient nourrir les tensions : des rumeurs de contacts entre une faction du TPLF, dirigée par Debretsion Gebremichael, et l’Érythrée. Des officiers du TPLF ont même menacé de renverser l’administration régionale du Tigré, bien que Debretsion nie toute collusion avec Asmara.
Ces incertitudes alimentent la méfiance entre l’Éthiopie et l’Érythrée, exacerbée par les ambitions d’Addis-Abeba d’obtenir un accès maritime. En octobre 2023, Abiy Ahmed a laissé entendre que l’Éthiopie devait retrouver un débouché sur la mer Rouge, notamment via les ports d’Assab et de Massawa, aujourd’hui en territoire érythréen.
Une carte qui enflamme les esprits
Un récent sommet de l’Union africaine a ravivé les tensions après la diffusion d’une carte de l’Éthiopie semblant inclure des territoires érythréens. Asmara y a vu une provocation à peine voilée, renforçant la crispation entre les deux pays.
Alors que la rhétorique s’envenime, le risque d’une nouvelle crise majeure dans la Corne de l’Afrique ne cesse de croître. La paix fragile entre Addis-Abeba et Asmara semble plus que jamais menacée.
La Rédaction

