Le vent du changement semble souffler sur le secteur togolais de l’assurance automobile. Longtemps critiquées pour leurs délais de remboursement excessifs, les compagnies d’assurance se disent prêtes à accélérer le règlement des sinistres, un chantier prioritaire pour restaurer la confiance des assurés et renforcer la crédibilité du marché.
Un constat alarmant : des indemnisations à rallonge
Chaque année, des milliers d’automobilistes togolais attendent des semaines, parfois des mois, avant d’être indemnisés après un accident. Dans son édition de mardi, L’Économiste rapporte que ces lenteurs chroniques nourrissent la frustration des assurés et ternissent l’image d’un secteur pourtant essentiel à la stabilité économique.
Les experts estiment que cette situation découle d’une chaîne de traitement trop fragmentée : dossiers incomplets, lenteur des expertises, coordination défaillante entre assureurs, experts techniques et garages agréés.
Une prise de conscience sectorielle
Face à cette réalité, les assureurs veulent rompre avec les pratiques du passé. Le Comité des Assureurs du Togo (CAT), en collaboration avec la Direction nationale des Assurances, a récemment multiplié les consultations. Les 30 et 31 octobre 2025, un séminaire à Lomé sur « La contribution des experts techniques automobiles et médicaux dans le processus d’indemnisation des victimes d’accidents » a réuni experts, assureurs et représentants du ministère de l’Économie et des Finances.
Objectif : mieux coordonner les interventions et harmoniser les procédures pour garantir un traitement plus rapide et plus juste des dossiers. La digitalisation des processus et la création de plateformes interconnectées figurent parmi les pistes privilégiées.
Le cadre régional : l’impulsion de la CIMA et de la FANAF
Ce mouvement s’inscrit dans une dynamique plus large. La Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurances (CIMA) et la Fédération des Sociétés d’Assurances de Droit National Africaines (FANAF) rappellent que les assureurs ont l’obligation de présenter une offre d’indemnisation motivée dans un délai maximum de douze mois après un accident, voire huit mois en cas de décès.
Lors d’un panel récent intitulé « Réinventer la gestion du sinistre automobile par l’accélération de la cadence de règlement », la FANAF a exhorté les acteurs du secteur à adopter des pratiques plus transparentes et plus rapides, soulignant que la lenteur des indemnisations fragilise la confiance du public et l’image des assureurs africains.
Vers un engagement mesurable ?
Pour l’heure, aucune directive formelle n’a encore fixé un nouveau délai uniforme au Togo. Cependant, plusieurs compagnies – parmi lesquelles NSIA, Allianz ou Ogar – affirment avoir déjà initié des réformes internes : numérisation des déclarations de sinistres, suivi en ligne des dossiers, et standardisation des procédures d’expertise.
Cette transformation pourrait marquer un tournant historique pour les assurés togolais, longtemps résignés face à la lenteur administrative.
Restaurer la confiance, un impératif collectif
Au-delà des annonces, la réussite de cette réforme dépendra de la capacité des assureurs à traduire leurs engagements en résultats concrets. Si les délais se raccourcissent effectivement, le secteur pourrait regagner la confiance d’une population souvent sceptique.
Car, dans un pays où l’assurance reste perçue comme une contrainte plus que comme une protection, accélérer le règlement des sinistres, c’est surtout réhabiliter une promesse : celle de la solidarité financière face à l’imprévu.
La Rédaction

