Aného entre dans une nouvelle ère culturelle. La cité tricentenaire, berceau des peuples Guin et Mina, verra bientôt s’ériger le Musée des Trônes et des Divinités Noires, un projet qui vise à transformer son héritage spirituel en moteur de transmission et de développement.
Aného, carrefour d’histoire et de spiritualité
Ancienne capitale du Togo à deux reprises, Aného est une ville où passé et présent dialoguent en permanence. Trois trônes y cohabitent pacifiquement depuis plusieurs siècles : Glidji (1663), Nlessi (1666) et Lolan (1821). Ces symboles royaux, associés à la présence de 41 divinités vaudou, confèrent à la ville un statut unique dans la sous-région. Chaque année, la cérémonie de la pierre sacrée, le Kpessosso, attire des milliers de fidèles et de curieux, faisant d’Aného un haut lieu spirituel.

Un musée vivant, tourné vers l’avenir
Portée par l’Association des Trois Royaumes, avec l’appui de la Commune des Lacs 1, de la France, de l’Union européenne et d’autres partenaires, l’initiative dépasse le cadre d’un simple espace d’exposition. Le musée prendra place dans une bâtisse afro-brésilienne restaurée, conçue comme un lieu vivant de mémoire et de création.
Trois missions guideront ce projet :
• Préserver et valoriser le patrimoine immatériel des trônes et des divinités d’Aného et Glidji ;
• Transmettre aux jeunes générations grâce à des ateliers, des espaces d’apprentissage et des activités de médiation ;
• Soutenir la création en accueillant artistes et artisans en résidence pour faire dialoguer traditions et innovations.
Le musée intégrera également des technologies immersives, avec des reconstitutions sonores et visuelles permettant aux visiteurs de revivre des scènes du quotidien et des rituels traditionnels.

Diplomatie culturelle et développement local
Pour les partenaires internationaux, ce projet représente bien plus qu’une initiative patrimoniale. « C’est un chantier qui structure les industries créatives culturelles du Togo, tout en reflétant le dynamisme de la coopération entre le Togo et la France », a souligné l’ambassadeur français Augustin Favereau.
Au-delà de la coopération technique et financière, l’ambition est claire : faire d’Aného un pôle culturel et touristique d’envergure, capable de générer des retombées économiques pour la population locale et de renforcer le rayonnement du Togo sur la scène internationale.
Un héritage qui renaît
Le Musée des Trônes et des Divinités Noires sera donc bien plus qu’un espace de conservation. Il deviendra un lieu de rencontres et de transmission intergénérationnelle, où la jeunesse pourra se réapproprier une histoire parfois négligée et où artistes, artisans et chercheurs trouveront une source d’inspiration.
En parallèle, l’inauguration de la Maison du Tourisme d’Aného vient compléter cette dynamique, confirmant la volonté des acteurs locaux de faire de la cité tricentenaire un carrefour de mémoire et de renaissance culturelle.
La Rédaction

