Il est des accords qui ne naissent pas d’une urgence diplomatique, mais d’une intuition profonde : celle que les territoires, lorsqu’ils osent se parler, peuvent redessiner la carte du monde. À Aného, ancienne capitale du Togo, la commune des Lacs 1 et la ville panaméenne de Portobelo ont scellé une coopération décentralisée pour la période 2025-2030, donnant corps à une alliance aussi rare que signifiante entre l’Afrique de l’Ouest et l’Amérique centrale.
La diplomatie des villes, loin des projecteurs mais au cœur du réel
La convention, signée par Alexis Aquereburu, maire des Lacs 1, et Jannelle Dadineth Gonzalez, présidente de l’Association des maires du Panama, engage les deux collectivités sur des champs structurants : culture, tourisme, éducation, commerce et investissements. Ce choix n’est pas anodin. Il traduit une volonté commune de sortir la coopération internationale du registre déclaratif pour l’ancrer dans le quotidien des populations, à travers des projets concrets et mesurables.
Gouverner mieux, investir plus loin
Pour les Lacs 1, l’accord ouvre l’accès à une ingénierie de gouvernance locale et à un appui stratégique dans la mobilisation de financements internationaux, notamment sur les marchés américain et européen. Portobelo, en retour, bénéficiera de relais institutionnels et économiques au Togo et en Afrique, élargissant son horizon d’action bien au-delà de la Caraïbe. Une coopération pensée sur le principe de la réciprocité, sans hiérarchie, ni dépendance.
La culture comme boussole politique
Au cœur de ce rapprochement, la culture n’est pas un simple volet parmi d’autres : elle en est la boussole. Portobelo porte en elle un héritage africain puissant, inscrit dans son histoire, ses traditions et sa mémoire collective. « Cet accord nous permettra de renforcer ce sentiment d’appartenance », a souligné Jannelle Dadineth Gonzalez. À Aného, ville de mémoire et de brassage, cette résonance culturelle confère au partenariat une profondeur symbolique rare, transformant le tourisme culturel en acte de reconnaissance mutuelle.
Deux villes, une même projection
À travers cette alliance, Aného et Portobelo affirment une même ambition : faire des villes des acteurs souverains du dialogue international. Loin des discours convenus, la coopération 2025-2030 dessine une géopolitique locale, sensible, durable, où l’histoire éclaire les choix économiques et où la mémoire devient un moteur de développement.
Ce n’est pas seulement un accord qui a été signé à Aného, mais une passerelle transatlantique, patiemment construite, reliant deux territoires décidés à transformer leur passé commun en horizon partagé.
La Rédaction

