À l’horizon 2031, l’organisation veut agir à la fois sur les rendements, l’élevage, l’aquaculture, les forêts et la résilience climatique, avec un même défi : augmenter la production sans fragiliser les sols, l’eau et les écosystèmes dont elle dépend.
Produire davantage ne suffit plus. Pour l’agriculture togolaise, l’enjeu est désormais d’augmenter les rendements et les revenus tout en préservant les ressources naturelles nécessaires aux prochaines récoltes. C’est autour de cette équation que la FAO entend organiser une grande partie de son action au Togo au cours des prochaines années.
Sa programmation à l’horizon 2031 associe ainsi des interventions qui pourraient, à première vue, sembler éloignées les unes des autres : appui aux cultures vivrières, développement de l’aquaculture, amélioration de l’élevage bovin, restauration forestière, apiculture ou encore protection des mangroves. Elles répondent pourtant à une même logique : renforcer les capacités de production sans dissocier agriculture et environnement.
Augmenter les capacités de production
Une partie du travail porte directement sur les moyens dont disposent les producteurs. Dans la Kara et les Savanes, environ 12 000 exploitants de maïs, de riz et de cultures maraîchères ont déjà bénéficié, en trois ans, d’un accompagnement portant notamment sur les intrants et les services de conseil agricole.
Ailleurs, l’effort prend d’autres formes. Dans la région Maritime, la capacité de production d’alevins doit être multipliée par trois, tandis qu’une miellerie répondant aux standards internationaux est envisagée. Dans les Plateaux, le développement de centres de production de plants doit notamment permettre de doubler les capacités concernant les caféiers et les cacaoyers.
L’objectif dépasse donc la seule augmentation des volumes. Derrière les plants, les alevins ou l’accompagnement technique se trouve la recherche de filières capables de produire plus régulièrement, d’améliorer leur qualité et, à terme, de créer davantage de valeur pour ceux qui en vivent.
Faire de l’environnement un outil de production
La deuxième dimension est moins immédiatement visible, mais devient déterminante. Restaurer une forêt, protéger une mangrove ou mieux organiser l’accès au fourrage peut également constituer un investissement agricole.
Dans la région Maritime, les interventions associant mangroves, aquaculture, apiculture et espaces forestiers cherchent ainsi à renforcer la résistance des activités rurales aux effets du changement climatique. Dans les Plateaux, la restauration des paysages forestiers doit parallèlement soutenir des filières économiques liées aux ressources forestières.
Cette approche traduit une évolution importante : l’environnement n’est plus traité uniquement comme un patrimoine à protéger face à l’activité agricole. Il devient l’une des conditions de sa pérennité. Des sols dégradés, des ressources en eau fragilisées ou des espaces de pâturage sous pression finissent nécessairement par limiter les gains de productivité.
L’élevage face au même défi
Cette logique concerne également l’élevage. Des études sont menées avec l’École supérieure d’agronomie et l’Université de Lomé autour de la gestion d’une zone de 7 000 hectares. L’espace doit notamment permettre de travailler sur l’élevage bovin, l’accès au fourrage et la régulation de la transhumance.
En parallèle, une coopération avec l’IFAD de Barkoissi porte sur l’insémination artificielle bovine afin d’améliorer la production laitière nationale. Ici encore, la recherche de productivité s’accompagne d’une réflexion sur les conditions permettant de la soutenir : alimentation du bétail, disponibilité des terres et gestion des espaces pastoraux.
La feuille de route de la FAO jusqu’en 2031 prend ainsi son sens dans la convergence de ces différents chantiers. Le défi ne sera pas simplement de produire davantage de riz, de lait, de poisson, de miel, de café ou de cacao. Il sera de vérifier que ces gains peuvent durer sans dégrader les ressources dont dépend précisément cette production.
La Rédaction

